AB100


Live


Guerilla Underground


electronica


2006




Un moment convivial et déroutant pour ceux qui ont une certaine idée de l’électro. Passée une intro qui aurait dû promettre de l’agressif, habilement coupée par une petite mélodie, il lance sa boucle rythmique et effraie son public en libérant ses nappes fantomatiques qui sifflent et grouillent aux oreilles des vivants. Un rien perturbant donc puisqu’il enchaîne sur un petit groove funky des plus enthousiastes. Toute la première partie du live est construite sur cette contradiction entre passages accueillants …et d’autres moins (la transition en piste 3 par exemple possède un côté Danny Elfman qui s’amuse à vous faire peur) !!! Le 7 septième morceau est un gag délicieux: vous êtes perdu au milieu d’une chaîne de production tonitruante ….et la voix de Schwarzy vous parvient en vous disant « Asta la vista baby » ! La suite n’est pas en reste avec des voix pitchées façon schtroumph à l’hélium, des synthés sinuoïdaux étrangement accompagnés par des boucles de violons et des samplers chargés à bloc avec des matériaux divers. L’univers sonore est toujours en expansion. Ce live atteint son paroxysme au neuvième morceau avant de retomber dans des ténébres inquiétants pour 5 min puis accorder quelques mesures de danse salvatrices (réconfortantes me dites-vous ?) pour terminer dans un crescendo de batucada.

AB100 maîtrise furieusement toutes les techniques de musiques électroniques (samples, synthèse…) et la grande force de sa musique, c’est qu’aucun élément ne dépend d’un autre: tout peut donc s’enfiler comme des petites perles sans interruption. Il immerge dans une sphère sans forme, habitée par des sons de notre monde (des voix, des pianos, un orchestre) qui cohabitent avec des machines aussi inquiétantes que drôles. De plus, il joue fantastiquement avec les codes musicaux pour faire ressentir toute une palette de sentiments allant du vague à l’âme à au sourire, tout en vous laissant l’arrière goût étrange de vous être fait manipuler. Du bon boulot donc mais tout de même une interrogation sur l'aspect policé de ce genre de musique.