Amaran
Pristine in Bondage
Listenable Records
metal/thrash avec voix féminine
2003
Avec « Pristine in Bondage » Amaran a toutes les cartes en main pour séduire les amateurs de métal avec voix féminine : diablement bien fait, évitant avec malice les clichés pompeux ressassés des centaines de fois, les hollandais s’imposent haut la main en tant que valeur montante d’un courant fortement trusté par des groupes de référence mais ô combien passionnels. Résolument métal, Amaran passe la puissance sans bluffer et assène ses riffs mordants sans ralentir, rappelant par moment l’énergie d’un Godgory («Revolution Without Arms ») mais toujours marqué par l’école death/thrash mélodique suédoise dont les traits de guitare se font sentir en arrière plan. En toute évidence, la voix de Kari est l’atout maître d’Amaran, ce vecteur d’émotion à la fois subtil et puissant, mélange de Christina de Lacuna Coil et d’Anneke d’un The Gathering des débuts, Kari n’hésitant pas à titiller la veine d’Evanescence sur « Katharsis ».
Point d’orchestration grandiloquente ni de ballade sirupeuse, Amaran abat ses cartes tout au long des onze titres de «Pristine in Bondage» et se dévoile sans fard, le choc entre la rudesse de l’acier chauffé à blanc et la puissance d’une voix superbe, se distinguant largement de la cohorte de suiveurs tendant à ramollir le rythme. Reste qu’il manque encore une petite étincelle permettant rendre la musique d’Amaran moins linéaire sur le long terme et d’autant plus intéressante. Mais l’avenir s’annonce des plus radieux et pour le moment présent, Amaran rafle la mise en ce début d’année.