Amplifier


Insider


SPV / Steamhammer


rock


2006




L'insider, sans rapport (même d'opposition) avec l'outsider, reste une notion a priori mystérieuse. Elle désigne en fait une personne faisant partie d'un cercle plus ou moins secret; un initié. L'intention d'Amplifier semble alors évidente (et prétentieuse) : toucher le "classe et mystérieux", Graal moderne. Le sérieux s'impose donc, et le groupe suit les traces du chemin qu'il s'est lui-même tracé. Il persévère dans ce rock réfléchi, allant du post-rock à une présence physique plus sèche. Les titres sont très agréables, écrits d'une encre "rock" millénaire (enfin au moins un demi-siècle), subissant mutation après mutation. Mais Amplifier se perd parfois dans ses élucubrations, et échoue globalement sur ses deux objectifs. Il réfléchit un peu trop pour vraiment décaper l'auditoire à l'acide guitaristique -ces choses là ne se prévoient pas-, mais pas assez pour faire toujours remonter la marée jusqu'à nos narines. Les ambiances ne sont pas auto-suffisantes, la rage de temps à autre insuffisante. Difficile de gagner sur tous les tableaux, bien sur. Car Amplifier joue un jeu des plus risqués, et si de notre point de vue il n'y gagne pas vraiment, il a du moins l'énorme mérite de tenter le coup. Les titres comportent de très bons moments malgré tout, même s'ils sont un peu trop vite noyés dans les longueurs. L'auditeur n'a alors que peu d'espoir de remonter à la surface, et peu de ce plaisir masochiste de vouloir se laisser couler. Finalement, sans doute attendions-nous simplement Amplifier ailleurs. Il était trop évident de l'attendre là où on l'avait laissé, et c'est pourtant de là qu'il repart, étirant un chouïa ses structures pour tendre vers l'hypnotique, dissimulant les mutations de manière plus subtile.

Passé la surprise des ambiances maritimes du premier album, quels développements reste-t-il à Amplifier? Le groupe reste en fait trop fidèle à lui même sur ce « Insider » pour apporter une réponse à cette question. Il appuie certes diablement son style, continue d'enfoncer ses propres clous, mais perd du coup tout le côté frai et neuf qu'il pouvait offrir auparavant. « Insider » reste donc dans les codes qu'il s'est donné, mais n'en possède pas moins une bonne dose de plaisir auditif, avec ce matériau toujours aussi personnel, quasiment intime. Si vous êtes en manque, n'hésitez pas.


01 Gustav's arrival
02 Fortuna
03 Insider
04 Mongrel's anthem
05 RIP
06 Strange seas of thought
07 Procedures
08 Elysian gold
09 Oort
10 What is music
11 Hymn of aten
12 Map of an imaginary place