Amusement Parks On Fire
Amusement Parks On Fire
GM Recordings / V2
shoegaze noise pop
2005
Amusement Parks On Fire, quelque part, c’est un peu les années 90 qui nous reviennent en pleine poire. Ces années qui virent l’avènement de la noisy-pop, celles qui dessinèrent les pourtours de ce qui devient aujourd’hui le shoegazing (étiquette ô combien ringarde et stupide).
Les Anglais Amusement Parks On Fire, remarqués par Geoff Barrow (Portishead) en 2004, n’auront pas tardé à faire parler d’eux. Ce premier album est en effet un petit miracle, venant nourrir aux confluences du rock noise et du post-rock des saturations traversées d’ambiances, des cavalcades de guitares qui cherchent le sens, et qui abondent en saturations des rythmiques coulées et urgentes.
L’opacité de ce premier opus studio est réelle, elle part d’une grande mélancolie sans pour autant surjouer, dramatiser. Il y a bien course en avant, mais maîtrise des directions. Rien n’est ici pleurnichard, il s’agit avant tout de créer des atmosphères dignes de ce nom et de les emplir d’une énergie à la fois pleine et distante. La classe british, en somme : on ne démontre pas, ne donne l’impression de rien mais on fait son affaire aux arrivants. D’un bout à l’autre du disque, Amusement Parks On Fire recrée une spatialité qu’on n’a plus connue depuis My Bloody Valentine et Slowdive réunis, et face à laquelle on se prend à rêver du retour de quelques grands noms. Amusement Parks On Fire, au-delà du recyclage plus que réussi des récents héritages anglais, nous remet alors en mémoire des causes perdues d’avance : celles de Kevin Shields, ou de The Jesus And Mary Chain.
Dans le genre, c’est plutôt grandiose.
1. 23 Jewels
2. Venus in Cancer
3. Eighty Eight
4. Wiper
5. Venosa
6. Asphalt
7. Smokescreen
8. The Ramones Book
9. Local Boy makes God