And Also The Trees


Further from the truth


AATT


emotional ambient rock


2003




Les penchants de And Also The Trees pour la musique américaine n’ont pas disparu mais se sont atténués sur leur nouvel album, « Further from the truth ». Très loin d’un retour aux sources, ce chapitre s’ancre tout de même dans la réminiscence : certaines ambiances typées ramènent au milieu de la carrière de AATT, le spleen faisant son affaire des guitares au milieu de ces compositions toujours si inclassables, feutrées (« In my house », « Geneviève »), et intemporelles. Pour simplifier, on est san doute ici plus proche de « Green is the sea » que de « The klaxon » (ouf). Le style de voix développé par Simon Huw Jones ne quitte pas les sentiers qu’il a lui-même creusés, et qui ravira tous les fans, ceux de la première comme de la seconde période. Le ton affecté par AATT sur « Further from the truth » imprime une grande retenue : dès « 21 York Street », le collectif s’épanche avec douceur et mélancolie sur un paysage urbain au sein duquel les êtres se croisent. Le quartet n’a peut-être jamais aussi bien géré le silence : les textures se font très délicates, tout en rondeurs sur « He walked through the dew ». Les guitares, ici comme à d’autres instants, jaillissent en motifs en hommage à la musique américaine, donnant au disque des teintes plus qu’un référentiel lourd, un jalon qui nous agaça franchement sur « Silver soul ». Ici, elles se mêlent ponctuellement à une électronique désossée pour bâtir de superbes ambiances (« Pale sun », morceau pivot). Si le disque paraît sur la longueur un peu linéaire, AATT parvient à s’y renouveler, évite l’auto parodie. Il s’agit de jouer l’épure, plus que jamais. La lenteur domine (« Feeling fine ») sous très peu d’orchestrations, pour le maximum d’effet possible. Les rythmiques, tout en légèreté, font briller les cymbales sans les appuyer ; et le mix privilégie sans vergogne voix et basse pour mieux pousser les guitares et l’orgue sur les variations et crescendos (« The man who ran away »). Les années 80 ont déserté la musique d’AATT, qui parvient tout de même à nous jouer de beaux coups de sang. Le groupe garde en effet le meilleur pour la fin : sur « The willow » mais surtout le magnifique « The untangled man », Justin et Simon Huw Jones manquent de revenir en terrain conquis mais développent une musique plus acérée, sans doute plus nostalgique d’une certaine époque. Les guitares s’y tendent, et Simon Huw Jones, dans un dernier souffle, laisse les guitares prendre le pouvoir pour un final emphatique.