Apotheosis


Farthest from the sun


Nocturnal Art Productions / Plastic Head



2002




Si les premières démos d’Apotheosis, “Shadows Eve” autant que “promo 97”, marquèrent le monde du Black Metal par leur vigueur autant que par leurs audaces artistiques, il ne fait aucun doute que le nouvel album de Sauron, seul maître à bord, va encore bousculer la donne. Apotheosis bénéficie désormais d’une production plus digne de ce nom, et ses expérimentations électroniques et ambiantes donnent aux phases musicales plus typées Black une profondeur et une dignité certaines et jamais vues auparavant en ces lieux. Sauron ne se contente pas d’engendrer des déluges sonores, son intention passe largement autant par la création d’ambiances que par l’emphase des guitares avec des rythmiques des plus agressives. En quatre morceaux pour cinquante minutes, Apotheosis développe des orchestrations riches et envoûtantes, et les formats étirés de ses sonates personnelles laisse transparaître le niveau d’exigence du maître : auteur et performer de l’intégralité du contenu de « Farthest from the sun », Sauron est avant tout un excellent musicien qui donne à son expression un fond inédit et d’un intérêt qui fera date. Si certains passages (orchestraux en particulier) brilleraient encore plus par une production plus affinée, Sauron confirme sans cesse la marche progressive de son projet, « progressive » entendue à tous les niveaux d’interprétation possible. Les puristes en prendront pour leur grade.