Atrocity


Werk 80 II


Napalm Records


new wave / metal


2008




Suite de "Werk 80", sorti en 1997, "Werk 80 II" est la seconde séquelle de la passion des Allemands Atrocity pour les standards de la New Wave… et quand on dit New Wave, ATTENTION HEIN, c’est New Wave option "radiophonie intensive" hein ! Ne nous faites pas dire ce qu’on n’a pas dit !!! N’allez donc pas chercher là, pour ceux qui en auraient eu l’idée très saugrenue, du Talking Heads ou du Magazine. Atrocity fait parfois des erreurs, OK, mais pas celle de s’attaquer au sacré.
Non, on est bien dans le gros tube qui tache, rapproprié à la manière du mammouth au fond du couloir, dont les bougresses de roubignoles s’extirpent difficilement de cette ancienne ouverture que constituait la porte de secours. Du coup, on se serait presque demandé comment il a pu se retrouver là, le saligaud… si on l’avait pas vu péter toute la baraque.
Bref.

En gros, tout ce qu’on pouvait attendre d’Atrocity via ce type d’exercice a lieu sur "Werk 80 II". Les tubes repris ici regorgeaient d’évidences et d’artifices de production, alors quoi faire de mieux que d’en rajouter une louchée orchestrale et un bon lot de saturations gentiment grasses ? Oui, quoi de mieux que la caricature de tubes pop, lesquels n’en demandaient pas tant ? La démarche reste in fine à mi-chemin entre l’opération de séduction de ceux qui ne se sont pas remis des pistes de danse qu’ils ont fréquentées tout boutonneux qu’ils étaient, et le clin d’œil envoyé aux sympathiques métalleux prêts à s’amuser sur ces relectures franchement lourdingues de Depeche Mode (People are People), Bronski Beat (un "Smalltown Boy" que Paradise Lost avait franchement plus réussi, de leur côté, sur l’édition limitée de l’album "Symbol Of Life"), A-Ha ("The Sun always shines on TV", cavalcade héroïque bonne pour une production heroic fantasy de septième zone) ou Talk Talk ("Such a Shame"). Entre autres, car on ne vous parle pas des reprises d’Alphaville ("Forever young") ou Visage ("Fade to Grey"), parce qu’on essaie tout simplement de rester un minimum poli.

Au final, on en rigole à peine, alors que l’exercice part foncièrement d’une intention malicieuse : l’effacement des barrière entre les genres. Mais bon, entre la redite et le recours à une recette aussi flatteuse, il y a quelque chose qui fait que "Werk 80 II" ennuie profondément. Peut-être qu’en choisissant de revenir sur des choses aussi datées, et aussi populaires soient-elles, Atrocity ne coupe pas à la critique qui constaterait l’extrême anachronisme voire la facilité de la chose. Sans parler de sa grossièreté, bien entendu, car le groupe en fait des tonnes, des tonnes, des TONNES. Pourtant, ces choses ne méritaient pas le rabâchage, elles ont franchement assez pris leur part du gâteau en leur temps et en 2008, on en a un peu soupé.
Finalement, c'est ça, oui : "Werk 80 II" ne sert à rien.


1. People are People (Depeche Mode cover)
2. Smalltown Boy (Bronski Beat cover)
3. Relax (Frankie Goes To Hollywood cover)
4. Don't you (Forget About Me) (Simple Minds cover)
5. The Sun always shines on TV (A-Ha cover)
6. Hey little Girl (Icehouse cover)
7. Fade to Grey (Visage cover)
8. Such a Shame (Talk Talk cover)
9. Keine Heimat (Ideal cover)
10. Here comes the Rain again (Eurythmics cover)
11. Forever young (Alphaville cover)
12. Feels like Heaven (Fiction Factory cover)