Le temps ne semble pas s'écouler toujours de la même manière. Pas toujours, pas partout, pas pour tout le monde. Pour certains, il avance de manière continue et régulière. Pour d'autres il suit une ligne hasardeuse ou hésitante. La dimension sonore est-elle un facteur à prendre en compte parmi les paramètres procédant au ralentissement de l'écoulement du temps ? Autumn Tears apporte aujourd'hui un élément de réponse.

Autumn Tears


Eclipse


Dark Symphonies


néo-classique sombre


2004




Il y a plusieurs théories sur l'écoulement du temps.

Le temps ne semble pas s'écouler toujours de la même manière. Pas toujours, pas partout, pas pour tout le monde. Pour certains, il avance de manière continue et régulière. Pour d'autres il suit une ligne hasardeuse ou hésitante. La dimension sonore est-elle un facteur à prendre en compte parmi les paramètres procédant au ralentissement de l'écoulement du temps ? Autumn Tears apporte aujourd'hui un élément de réponse.


"Eclipse" est en effet une expérience à part. Les quantum de temps s'y égrènent de manière non continue, goutte après goutte, très lentement. Comme si les secondes s'étaient octroyées une pause. Pour le coup, toute interruption dans ce processus doit être proscrite, car elle pourrait bien conduire à des troubles psychologiques évidents. Je ne préfère pas prendre de risques, et c'est donc avec le plus profond respect et la plus grande attention que je m'immergeai dans cette oeuvre.
Les musiciens d'Autumn Tears, loin des expérimentations pointues des gens de sciences, sont partis sur des chemins débroussaillés au siècle précédent. Le néo-classique comme excuse, ils développent avec ses outils une musique qu'aujourd'hui et ici on qualifie plus sobrement de "Dark ambiant", agrémenté des termes "atmosphérique", "médiéval", voire "gothique" pour les plus audacieux. C'est que les américains d'Autumn Tears ont une approche fortement empreinte de nostalgie et de regrets, entre autres tristes pensées. Le choix de ce nom a donc été des plus judicieux, les sentiments touchés ici n'ayant pas la violence ou le désespoir du noir, mais bien la teinte brune des feuilles pourrissantes d'automne; toute connotation chaude et douce que pourrait avoir cette saison étant désignée hors propos par l'aspect "Tears" (larmes).
Cet album présente finalement de bonnes qualités : envoûtant, musical, tout en nuances et en discrétion, il a la faculté de détendre l'auditeur qui s'y laisse plonger, le vidant de bien des considérations matérielles inutiles. La sincérité et le côté presque rituel de l'usage exclusif d'instruments acoustique y participent sans doute aussi, sans pour autant entamer la dynamique de l'ensemble. Il y a donc manifestement du talent derrière tout cela, même s'il ne se laisse pas facilement analyser, du fait de ce caractère continu que présente cet album, la séparation en "pistes" étant à peine perceptible.

On se contentera donc de se laisser envahir par ces mélodies, sans chercher à comprendre le plaisir qu'elles nous procurent. Fermez les yeux, et oubliez.


01 Commemoration
02 Ophelia’s crown
03 Three
04 Dawn
05 Remember
06 Flight
07 The beauty in all things
08 Pandora's womb
09 At a distance
10 Eclipse