Averse Sefira


Advent Parallax


Candlelight / Season Of Mist


raw progressive black metal


2008




Trio black metal américain situé au Texas et composé de Sanguine Mapsama (chant, guitare), Wrath Sathariel Diabolus (basse, seconde voix) et The Carcass (percussions), Averse Sefira a fixé un line-up stable depuis 2000 et publie avec "Advent Parallax" son quatrième format album.

Démonstratif, aride et puissant, "Advent Parallax" déploie un son BM plein, jouant la carte du 100% organique et vibrant d’une production signée Tore Stjerna (In Battle, Watain). Très à la hauteur, cette dernière fait ressortir les reliefs saturés sans pour autant se révéler encombrante. Il ne s’agit pas de magnifier mais de rester dans une forme de vérité.
Officiant dans un registre roots et excluant le recours aux machines, Averse Sefira construit des compositions en forme de labyrinthes, avoisinant très fréquemment les sept voire les neuf minutes ("Refractions of an exploded Singularity"). Le groupe ne relâche jamais la pression. Sa vision est orgiaque, et le relatif manque de contraste qui en découle se voit contrebalancé par un physique hors normes.

Il existe donc bel et bien un Black Metal américain, plus qu’inspiré et pouvant en remontrer aux fondateurs nordiques. "Advent Parallax", empli d’une conviction frisant l’intégrisme sur le plan de la forme, représente la vivacité, sinon d’une scène, du moins de certains de ses auteurs qui, eux-mêmes, ne s’avèrent que peu flatteurs sur l’état du genre aux Etats-Unis, auquel on pourrait éventuellement affubler le qualificatif de micro-scène en comparaison de l’expansion que le genre a connue sur le territoire européen voire sud-américain, là où se situeront la majorité des adeptes d’Averse Sefira.
"Advent Parallax" représente une forme de perfection. Il devrait finir de convaincre les amateurs de BM old school de la validité du propos des Texans, qui s’imposent réellement comme un fleuron du genre. Leur "Advent Parallax" renvoie une impression de grande force, tant sur le plan sonore qu’esthétique, le groupe déployant un art consommé à la fois dans le rendu de sa musique, ainsi que dans le soin visuel qui accompagne ses performances (une tournée américaine de près de trente dates en compagnie de Rotting Christ, Belphegor et Immolation a précédé la sortie de l’album) mais qui orne aussi ses albums, notamment depuis "Tetragrammatical Astygmata" (2005).
Sous un évocateur autant qu’impressionnant artwork noir et blanc signé Jos A. Smith (designer du premier album de Bathory, et en l’occurrence très inspiré par la thématique angélique), Averse Sefira développe un son dense, "traditionnel" et ayant subi pour partie l’influence de formations telles qu’Immortal (période "Pure Holocaust"). Monopolisé par une approche saturée, un sens aigu de l’agression en musique prend place et qui, aux dires même du groupe, ne s’intéresse pas aux réflexes gothiques voire symphoniques qu’un Black Metal de seconde génération a pu générer chez certains de ses acteurs. Pour Averse Sefira, Dimmu Borgir ou Cradle Of Filth ne sont que les nouveaux avatars grand public des dernières formes de Heavy Metal. La musique des Texans, elle, sous-tend un propos guerrier, noir et hautement épique. Son cri, hors de l’influence de toute musique rock "conventionnelle" (qu’ils rejettent expressément), s’impose sur toute la longueur du disque ("Seance in a Warrior’s Memory", "Viral Kinesis"), tout en laissant l’instrumentation percer, furtivement certes, une capacité à l’ambiance pure (la conclusion de "Cognition of Rebirth"). Rythmiques pachydermiques, guitares acérées, voix harsh, la combinaison parfaite se réalise et aboutit à ce qui pourrait bien ressembler à un nouveau classique BM. Une rude image de ce que l’art peut être, et un style de vie à part entière.
Dans le genre, sidérant.


1. Descension
2. Seance in a Warrior’s Memeory
3. Viral Kinesis
4. Cognition of Rebirth
5. Serpent Recoil
6. A Shower of Idols
7. Refractions of an Unexploded Singularity
8. Vomitorium Angelis