Baphomet
The Dead Shall Inherit
Peaceville
old death metal
2006
Réédition de cet album culte de l’underground du death new yorkais daté de 1992. Le groupe fondé en 1987 après une petite démo sortit ce premier opus bien gras dans le plus sale style de la old school of death metal. On est proche d’un Effigy Of The Forgotten (Suffocation) sur le plan de l’ambiance d’outre tombe ici sans non plus évoluer dans le brutal.
Dès The Suffering, les petits gars new yorkais montrent leurs racines thrash qui se traduisent en des rythmiques bien aboutis fondées sur des riffs bien ciselés. Tour à tour presque doom et rampant, les morceaux s’accélèrent pour des assauts brutaux dignes d’un Altar Of Madness sans toutefois l’originalité de l’ange morbide. Point d’originalité donc et ce n’est d’ailleurs pas ce qu’on leur demandait à cette époque où le death commencait à avoir son succès avec des Legion ou Blessed Are The Sick.
L’atmosphère est bien pesante et tout à fait signe de cette musique de l’infra-monde que représente fondamentalement le death. On apprécie et on headbangue férocement sur le très syncopé Through Deviant Eyes. Le groupe maîtrise très bien le mid tempo et d’ailleurs bien plus que les assauts brutaux qui s’amenuisent au fil des titres. Le vocaliste est un parfait boucher de jeunes filles comme on les aime, il délivre sa hargne et sa fougue avec une voix gutturale bien puissante.
Avant tout, ici ce sont donc les qualités mid tempo qui laissent des traces. Si on a pu faire mieux depuis, il n’empêche que The Dead Shall Inherit possède une bien sale atmosphère purulente et bien dégueulasse, tout droit sorti d’un fond de canivau moscovite après les soirs de biture à la vodka. A ce titre, le batteur est parfait, il place sa double parfaitement pour scander l’ensemble et nous fait des petits plans de cymbales bien sentis. Les rythmiques sont vraiment bien en place même si la fin de l’opus tombe un peu dans l’anonymat sur le plan de la musicalité. C’est le problème majeur.
Mention bien pourtant à la remasterisation qui laisse parler la poussière du temps tout en aiguisant les riffs de gratte pour vous laminer la face.
On regrettera cependant une baisse notable de régime passé les cinq premiers titres sur le plan de l’inspiration et passé surtout le meilleur titre de ce poussiéreux album : Valley Of The Dead. Les riffs bien gras, bien pesants aiguisent vos instincts les plus vils et vous remplissent la panse telle une bonne adouillette frites bien dégoulinante. En voilà de la bonne inspiration qui fait sans doute dans le conventionnel mais il en fallait justement à l’époque de ce type d’albums dont on attend d’avoir le ventre bien rempli sans s’arrêter sur la diversité des mets.
Vous reprendrez bien un peu de cervelle de bœuf ?
1/ The suffering
2/ Through deviant eyes
3/ Leave the flesh
4/ Valley of the dead
5/ Torn soul
6/ Vile reminiscence
7/ Boiled in blood
8/ Age of plague
9/ Infection of death
10/ Streaks of blood