Beholder


Lethal Injection


Dragonheart /SPV


Heavy speed mélodique aux multiples influences


2004




Je connaissais "Eye of the Beholder" le jeu à l'ambiance lugubre, le titre de Metallica mais j'étais passée à côté de Beholder...le groupe pas si lugubre que cela dont c'est pourtant le 3 ème essai ! Ce qui frappe en premier lieu dans "Lethal injection" outre les deux interprètes ( un gars et une fille) c'est l'ambiance qui pioche dans différents registres à la fois futuriste, malsaine ou plutôt mélancolique, speedée et pour le moins stéréotype même de l'atmosphère... scandinave. Bizarre car ils ont italiens les petits...
Beholder a beau user de subterfuges comme, une pochette déjantée par du tout représentative du contenu, une guitare hispanisante sur "No religion", des effets sonores digne d'un horror show sur l'"instrumental" atmosphérique "The overlook hotel", des claviers façon JM Jarre sur le planant "Mr Grady" , etc.... on retrouve sans mal les influences d'un Sonata arctica ou d'un Nightwish agrémentées à la sauce progressive façon Symphony X (sans aller dans les excès tout de même) . Au début ça passe mais les titres ayant un peu de mal à se renouveler ca finit rapidement par casser.
D'accord cette alternance voix masculine mélodique et féminine davantage lyrique est plutôt plaisante même si c'est surtout la profondeur et le potentiel émotionnel de la tessiture de Patrick Wire que je reteindrai. D'accord aussi, les compositions sont relativement bien construites avec de grosses rythmiques heavy nuancées par des claviers souvent aériens et omniprésents. Mais je ne sais pas pourquoi j'ai bien du mal à accrocher et j'ai l'impression d'avoir entendu ces harmonies mil fois dans des combos comme Miseria, Sonata, Nightwish et autres Ayreon. Pourtant ce n'est pas faute d'avoir essayé la carte de l'innovation en mixant un peu de tout ce qui se fait dans le monde du Metal actuel: rythmiques thrashy par là, passages électroniques par ci ou encore claviers ayreoniens, moment d'opéra syncopé ou tribulations symphoniques , envolées speedées façon Strato, intermèdes progressifs qui arrivent comme des cheveux sur la soupe au beau milieu d'un morceau tout ce qu'il y a de plus traditionnel,....bref on se retrouve face à des morceaux à la fois construits et fourre tout.
Au final l'album nous plonge dans une sorte de léthargie bienveillante entre l'overdose et le coma ethylo-musical. On ne peut plus dire si c'est mauvais ou bon tellement on se retrouve perdu aux milieux d'influences diverses éparpillées ca et là comme des clins d'oeil furtifs dans les morceaux mais sans réelle logique. Après plusieurs écoutes, "Lethal injection" s'apprivoise tout de même à la manière des albums progressifs bien que là non plus il ne fasse pas réellement partie du clan; la dominante étant un Heavy mélodique speedé à double voix. En fin de compte, on se dit que ce n'est peut être pas si mauvais sans aller jusqu'à dire que c'est bon mais en tout cas que cela mérite qu'on y passe quelques temps histoire de ne pas passer à côté d'un groupe qui à force de chercher sa voix va bien finir par la trouver.



1.The Overlook Hotel
2.Mr. Grady
3.No Religion
4.Blackout Of Mind 5.Daydream
6.Everywhere I Go
7.Far Away (feat. Roberto Tiranti)
8.Stay
9.Lay Down The Law
10.Lethal Injection