Blackstone


The high country


XIII Bis Records



2002




Blackstone, s’il ne nous avait guère convaincu sur son premier album, prend ici du gallon. Sur « The high country », son Stoner, toujours aussi classique dans son approche vocale, affine ses contours strictement musicaux : les guitares empruntent à Kyuss autant qu’au Sabbath le temps de poser le riff principal pour « Dreams of a fool » ou les arrangements saturés de « Radio song », puis s’engagent vers la conquête du psychédélisme tout le long d’un disque empreint de nostalgie, et dont les mélodies se révèlent plus percutantes et largement plus sombres que sur le premier opus (« Breakdown lane », groove rock et décadent ; « Like a song », ralentissements quasi-mortuaires). Sans aucun doute moins dérangée que d’autres formations du genre à leur grande époque (Kyuss en premier), celle de Blackstone a acquis cette indéfectible confiance propre aux groupes sûrs de leurs propos : les rythmiques, parfaitement bien agencées, créent une tension lancinante (« Hard times » : tribal rock psyché ?), à peine perturbées par un « Lies » central, entre Folk et Country. « The high country » semble être le disque d’un nouveau souffle, et les horizons qu’ils dégagent sont ceux d’une affirmation stylistique réelle, d’une volonté renouvelée. La volonté de se jouer de la lumière. « Shining dark and bright », comme l’énonce le mot d’ordre. Et ça commence à vraiment briller, par là.