Chimaira
The impossibility of reason
The All Blacks B.V. / Roadrunner
metal thrash U.S.
2003
Bien moins anodin que n'importe quel groupe de Neo-Metal en vogue, Chimaira n'a adopté de ce genre que quelques choix, notamment au niveau du traîtement des guitares. Les rythmiques de batterie revêtent en effet de brillantes parures, mais ne possèdent pas ce côté claquant typique au Neo-Metal : le sextet lorgne largement plus vers le Thrash pour les rythmiques (une tournée avec Slayer, ça vous soigne un homme), et le Death ou le Heavy pour les soli de guitare, des soli assez présents tout le long du disque. La voix de Mark Hunter, elle-même, opte pour l'éructation sans rapper systématiquement (ouuuuuf)... voire s'essaie au chant clair par moments ("Pictures in the gold room"), ce qui n'était pas forcément à l'ordre du jour par le passé. Ouvrir le champ, au maximum : les structures des morceaux sont à l'image du style du combo : Chimaira ne rechigne sur aucun effet, aucun arrangement, et complexifie les strcutures, cachant les recettes sous un déluge de guitares saturées dont la tourmente fait perdre le fil à l'auditeur, si assailli par la puissance qu'il en oubliera de chercher la lisibilité des structures. Finement ciselé par le mixage de Colin Richardson, le Metal U.S. de Chimaira possède un ton moderne mais ne se contente jamais de cela : la variété de ses rythmiques et l'énergie toute particulière du collectif semble acoucher d'une forme hybride de Metal, entre acquis culturels et volonté de dépasser les limites des formats. En terminant l'album par un morceau instrumental d'un quart d'heure ("Implements of destruction"), Chimaira jette sa dernière carte : sa volonté semble sans limites, et le dictat extérieur n'aura pas lieu. L'efficacité, oui, mais pas au prix du sacrifice de l'art. Avis aux amateurs : complexe et efficace, ce Metal n'est pas là que pour vous faire bondir. Il s'adresse aussi à votre tête. Alors, au boulot.