Closterkeller


Graphite


Metal Mind Productions


gothic


2003




Après dix ans d'activité et de nombreuses sorties, voici venue une réédition d’un album de 1999 du groupe d'Anja Orthodox : Closterkeller. La voix d'Anja, comme à l'accoutumée, est largement mise en valeur au sein de ces structures musicales soignées et troublantes, oscillant entre New Wave et rock gothique ("The ego game", "Eve and Adam"). Plus délicate que la moyenne des formations gothiques actuelles, l'écriture de Closterkeller développe une vision à la fois mélancolique, romantique et faisant appel aux rêves, ainsi que se plaît à le rappeler la demoiselle en interview. Revêtant des teintes quasiment Pop, les parties acoustiques ("Somewhere inbetween", "The secret place", "Two days") se fondent merveilleusement à un ensemble bien enregistré et prêt aux expériences les plus diverses, laissant le champ ouvert aux instruments et sonorités les plus diverses. "Graphite" ressemble à un immense bloc de givre au sein duquel un coeur bat, tendant à rompre la glace. Celle-ci ne se laissera pas fissurer, mais de l'extérieur, la vibration se perçoit, force à vouloir entrer à l'intérieur de ces mélodies intéressantes ("The pearl" ou "Marble enchanted", des boucles de basse... obsédantes), mais sur lesquelles se posent des lignes de chant excessivement classiques. Si les parties instrumentales sont souvent osées et finalement assez originales ("The symbol shatterer", tentative Electro-Rock), Anja choisit le niveau de risque moindre, lui préférant une efficacité plus directe. En résulte un disque touchant mais manquant un peu de "corps" malgré un final tendant plus vers le Metal ("The piano", "Graphite"). On en boudera pas notre plaisir pour autant : les ambiances éthérées de Closterkeller en troubleront plus d'un, et le combo délivre ici un très beau disque, rappelant plus que jamais que la Pologne peut être, elle aussi, un berceau des musiques nouvelles et sombres.