Consortium Project III
Terra Incognita ( The undiscovered world
Century Media
Metal "Opera" progressif
2003
3ème du nom, ce nouveau volet du projet solo de Ian Parry (Elegy) ne risque pas de choquer les fans des deux précédents opus puisqu'il s'inscrit indéniablement dans la même optique. Et comme c'est souvent le cas avec les sagas, il s'avère que plus on avance dans l'intrigue, plus les surprises sont moindres et l'intérêt premier s'amenuise au profit de bienveillantes habitudes. Non Consortium Project III n'est pas un mauvais album... loin de là; les structures qui ont fait le succès de I et II sont toujours présentes et l'aspect progressif fouillé à l'extrême. Mais simplement, ce troisième volet s'il n'offre rien de moins , n'a rien à offrir de plus non plus. Voilà le premier point noir: quand on se frotte au superbe Dream Theater qui trône royalement sur les étales des disquaires, mieux vaut avoir quelque chose dans le ventre... or ici on reste sur sa faim. Mis à part, le titre track"terra incognita: the undiscovered world"et ses chorus sombres, le puissant "Great Exploration" et son attaque ethnique à la Kamelot ( au passage rappelons que c'est Casey Grillo qui s'attaque aux fûts sur cet album) ,la sublime épopée narrative de "Nemesis" ou encore un "Beyond the gateway of legends" aux angles rythmiques multiples façon Lucassen; le reste s'enlise entre un progressif très déconstruit et un Metal opéra peu opérant.
Et voici la seconde ombre qui vient planer sur l'avenir de CP III, car l'opus narratif a également bien du mal à tenir le rang face à un Ayreon futuriste ou un métallique Brazen Abbot. Il faut dire que Ian est l'unique protagoniste vocal de l'histoire ce qui réduit considérablement les possibilités d'implication émotive de l'auditeur. Même si quelques choeurs féminins viennent ça et là redonner un peu de sensibilité à l'ensemble...cela ne suffit pas à entrer véritablement dans l'oeuvre. Pourtant écoute après écoute, il faut bien dire que cette dernière regorge de recoins à explorer. Mais encore une fois tout reste convenu presque prévisible comme une terre que l'on aurait déjà foulée dans un passé lointain. Peut être au cours des deux premiers volets de la saga...c'est probable. En tout cas, à l'encontre d'un Symphony X rassasiant les âmes en mal de découvertes par ses mélodies subtilement cachées dans un dédale auditif; ici le labyrinthe n'est qu'un leurre, une belle façade qui laisse paraître un album intéressant mais certainement pas la révélation de l'année. A réserver aux fans de Ian Parry en priorité...suivis de près des amateurs de Metal progressif à tendances futuristes.