Cryptopsy


The Unspoken King


Century Media / Nocturne


open-minded and furious death metal


2008




Ouille.
Mal.
Alors, voyons voir… pansements, pommade, pourquoi pas un massage ? C’est qu’on en aurait bien besoin, d’un massage, aussi…

Amanda ? Tu es libre ?
Non parce que là, je sors juste de la salle de l’opération, et je me sens tout chose. Ah ils m’ont tout enlevé, les salopards. Tripes, viscères, tout. Ce qu’ils vont en faire, je ne sais pas mais quand même, épuisant le truc. Je comprends mieux l’histoire des déchets hospitaliers, maintenant. D’ailleurs une copine avait fait une thèse là-dessus, en droit de l’environnement je me rappelle. Je me rappelle oui, c’était 1999, un truc du genre. Eh ben ça m’a marqué, tu vois. C’est que ça se range pas n’importe comment tout ça : les seringues, les tripes, tout le merdier ! Et ça part pas vers n’importe où, non plus. Y’a des exutoires ! D’ailleurs, à bien y réfléchir, incinérateur de déchets hospitaliers, c’t’un sale boulot quand même. Put**n, si l’ANPE me CONTACTE trois fois de SUITE pour cette merde, je refuse, quitte à me faire radier des listes de demandeurs d’emploi, et je quitte le pays.

Une tisane, OK.
Ca va mieux.
Revenons à nos moutons, donc. Purée, je devais avoir une sacrée merde, quand même. J’ai l’impression que le Géant Vert m’est passé dessus avec un motoculteur, dis donc, et plusieurs fois. Du coup, je sais plus si je crains moins ses dernières lames triple effet que ses coucougnettes, à lui. Oui, les deux potirons à grands poils, là…
Quoi ? Comment ça j’ai la bouche de travers ? T’es sûre ? C’est peut-être à force d’avoir crié pendant l’opération… Il faut dire que l’absence d’anesthésie, ça marque son homme. Ah et puis ils y allaient hein, tu peux me croire : et vas-y que je te charcute, et vas-y que j’ouvre, que je regarde et que je découpe à grands coup d’éclats de rire et de "Putain, quel foutoir ! Je prends quoi en premier ? Regarde moi ça, Georges !"... Ils ont vraiment désacralisé le corps ces put**s de toubibs, ça fait drôle quand tu les entends parler sur la table, et surtout quand t’es ligoté.

Enfin bref, tout ça pour te dire que le dernier Cryptopsy, quand même, ça a beau se chercher une aération et une propreté, ça fait sacrément mal au bide. Mon opération, ça a dû être ça. Je m’en souviens, j’avais les yeux ouverts et ils écoutaient tous ce truc à fond, comme des malades. Ils secouaient la tête, il y en avait un qui tournait autour d’un totem. Izarre, cet hopital quand même. Z’avaient l’air un peu possédés pour tout dire, derrière leurs masques blanc. Il y en avait un qui m’avait l’air vaudou, d’ailleurs. Mais que faisait la Police, d’ailleurs, hein ? Qu’est-ce qu’elle FAISAIT ?

Une tisane, OK.
Bon, retour à nos moutons.
"The Unspoken King" que ça s’appelle, la potion, là. C’est du bigrement maîtrisé, du BEAU nouveau line-up (Matt McGachy au chant, Maggie Durand au clavier, une belle nouveauté ça), du médoc qui regorge d’ambiances dignes d’une signature de chez les autres tarés d’Ipecac ("Contemplate Regicide", "Bound Dead"). Alors ben… pour du Death, on a trouvé ça bigrement coloré, inventif, incisif, mélodique. Avé la maîtrise, et tout.
De sacrés chirurgiens quand même, ces Canadiens de Cryptopsy, même avec une nouvelle équipe. Comme quoi ça vaut le coup de mettre les moyens en milieu hospitalier. Comme quoi faut pas non plus trop tailler dans le gras.

Du coup, on avait bien raison de le commander, ce massage hein. On se sent comme qu’il dirait, l’autre : "revivre".
Et ça, c’est de la rupture qui nous PLAÎT, mon Amanda chérie.

Un p’tit bisou ?


01. Worship your Demons
02. The Headsmen
03. Silence the Tyrants
04. Bemoan the Martyr
05. Leach
06. The Plagued
07. Resurgence of an Empire
08. Anoint the Dead
09. Contemplate Regicide
10. Bound Dead
11. (Exit) the Few