Dark Horizon
No Gods On Earth
Dark Horizon / Soma Rosa / Resurrection Records
gothic rock
2007
Dark Horizon fait partie de cette nouvelle scène anglaise tendant à prolonger la tradition du rock gothique originel, et la teneur de son entourage a de quoi lui valoir un a priori favorable, si ce n’est une réputation.
Parmi ceux qui entourent le trio britannique, voici en effet surgir moult personnes issues du sérail bien connu désormais et tournant autour des formations Fields Of The Nephilim et NFD. Premièrement, Dark Horizon, basé à Gloucestershire, a bénéficié du soutien technique de NFD dans le cadre de cet enregistrement, puisque le bassiste Stephen Carey, non content d’officier en tant qu’ingénieur du son pour ce premier album, garantit Dark Horizon du soutien complémentaire de ses basses sur scène. Live, ça devrait sonner. Qui plus est, le fameux bassiste Tony Pettitt (ex-Fields Of The Nephilim / NFD) a offert une de ses lignes pour le titre "Higher Ground" figurant sur "No Gods On Earth". Ce titre semble d’ailleurs laisser percer le fait que Dark Horizon se montre moins prisonnier du "carcan FotN" que ses voisins de chambrée NFD, plus enclin aussi à l’exergue de basses typées cold (les parties aiguës et planantes de basse de Pettitt sur "Higher Ground" sont confondantes).
Voilà pour les présentations. En bref, Dark Horizon devrait a priori hériter du bénéfice de la réputation de ses pairs. A n’en pas douter, le trio forgera autour de son nom une base de fans envoûtés (à raison) par le référentiel culte traînant dangereusement dans les parages et mis en avant sans exagération mais à juste titre par le groupe. Cette réputation, il va falloir la tenir, et au regard de celle-ci, l’étape du premier opus studio était cruciale.
Sur le plan musical, le trio Michael Clayton (chant) / Stuart Meadows (claviers et programmations) / Andrew Meadows (guitares) défend correctement son bifteck. Là où l’on craignait de voir s’afficher une nouvelle resucée des Sisters ou de The Nephilim surgit un propos plus ancré dans le Metal, tout en restant très marqué par les teintes héroïques du gothique façon "80’s caverneuses". Mais les voix mediums/graves de Clayton ne singent jamais qui vous savez, à l’opposé d’un Peter Bob White très vaillant dans son remake du grunt de McCoy. Au contraire Clayton s’aventure-t-il vers un monopole donné aux voix claires, empreintes de gravité mais sans que le bouchon soit toutefois poussé plus loin que le strict nécessaire. "C’est juste une question d’équilibre", comme dirait l’autre. La musicalité signée Dark Horizon privilégie en outre les structures moyennes et les tempos lents ou moyens (à l’exception notable du bondissant "I need"), fondant primordialement ses exposés sur les avantages de la tension et des atmosphères. Forgeant pour partie le résultat sur des claviers brillants ("Shock") et sur l’usage de l’écho et de guitares claires évocatrices ("Last Mile"), la formation use/abuse des échos et de la réverbération. Alors, et il faut bien le dire, le tout prête le flan à la critique de l’enrobage. Constat indissociable de la teneur de ces choix esthétiques précis. Tout cela ne vieillira pas forcément mieux que la moyenne. Pour autant, les chansons fonctionnent plutôt bien et si l’on ne peut pas crier au chef d’œuvre face à un album tel que "No Gods On Earth", reste que le soin apporté à l’ouvrage est indéniable. Dark Horizon affiche ici des prétentions qui, tant sur le fond que sur le plan esthétique, peuvent à terme prétendre à une modernisation, si ce n’est une rénovation du genre. La redite est en tout cas évitée même si on regrette que ces desseins ne tentent pas plus l’aventure. Les amateurs du gothique originel, eux, ne se verront pas ici dépassés dans ce qu’ils peuvent attendre de pareille initiative.
Du bel ouvrage in fine, à défaut de mieux.
1. Shine
2. 1 more
3. Higher Ground
4. Lost
5. Last Mile
6. Shock
7. Time
8. Real
9. I need
10. Dark Shine