Alors bien sur, l'ingrédient de base est toujours le couplage de la voix mâle saturée avec sa sensuelle homologue féminine, lequel induit évidemment un'>

Darzamat


Transkarpatia


Metal Mind Productions


métal extrême dramatique, sensuel et malsain (la classe, quoi)


2005




Il faut des trésors d'imagination pour éviter absolument la connotation négative qu'ont les termes "gothique", "théâtral" ou "symphonique" lorsqu'ils sont associés à "métal". Car dans le cas Darzamat, c'est bien de ça dont il s'agit : un métal dramatique et violent, né avant la frénésie qui a eu raison de la vague "métal gothique".

Alors bien sur, l'ingrédient de base est toujours le couplage de la voix mâle saturée avec sa sensuelle homologue féminine, lequel induit évidemment une bipolarisation entre blasts rythmiques appuyés de grosses guitares et ambiances grandioses de synthés orchestraux. Mais la volupté se couple ici à la grandiloquence et au malsain, et distingue par cette union Darzamat de ses rivaux. Les voix sont notamment à l'honneur, et savent passer de manière pernicieuse du charnel au vomitif. Le discours devient à chaque instant un peu plus délétère, nappé de mélodies intègres de premier plan, complices cachant très mal leurs sublimes concurrentes crasseuses et lointaines. Le ton se fait même, par moments, déclamatoire et accusateur, dans des propos fortement emprunt de vampirisme et de passion du sang, ou encore de sorcellerie. On tombe alors dans un imaginaire proche du médiéval, sans toutefois en accentuer le visage musical plus que nécessaire. De la même manière, on trouve à l'occasion de très légères influences orientales, qui continuent effectivement à s'immiscer petit à petit dans les codes du genre. De ces ambitions, un titre comme « Recurring yell » hérite ainsi de quelques notes épicées mais lugubres à la fois, véritable bande son du retour de Dracula en Egypte. Mais en dehors de ces petites touches discrètes, c'est surtout la capacité de Darzamat à n'envisager aucun compromis, dans un sens comme dans l'autre, qui reste salvatrice. Les côtés extrêmes ne sont pas défigurés, et sont employés in situ en tant que tel; et quant aux accalmies, quelle que soit la manière dont elles sont amenées, elles n'ont elles non plus jamais à rougir des sentiments qu'elles insufflent à l'ensemble. On relève bien quelques rares relâchements au niveau de l'accompagnement synthétique du chant féminin, conduisant par double emploi à des penchants légèrement mielleux. Mais l'écueil principal de la mièvrerie et de la platitude est lui clairement évité. Les changements de rythmes y sont aussi pour quelque chose : Darzamat n'hésite à pratiquer ni le sacro-saint blast-beat, ni les grands riffs allègres. Les atmosphères y ont à chaque fois leur mot à dire, y compris dans des passages qui leurs sont propres.

Vous aurez compris qu'il est ici question d'une musique riche d'influences, de cassures, et d'humeurs. Les clichés sont évités, et le groupe à ainsi le talent de ne pas briguer l'étiquette "m. g." habituelle. Rien de franchement exceptionnel ni exceptionnellement original dans le fond; la forme est quant à elle séduisante plus que de raison. Et de se laisser prendre sans lutter à ce si bon venin.


01 Sanguinarius (intro)
02 Vampiric prose
03 Hallucinations
04 Inhumatus (intro)
05 The burning times
06 Letter from hell
07 Blackward
08 Recurring yell
09 Araneum (intro)
10 Labyrinth of anxiety
11 Virus
12 The old form of worship
13 Tempted by rot
14 Tribute to...