Daturah
Reverie
Antenna Records
Post Rock Metallisé
2008
Au petit jeu du post-rock, les prétendants sont légion et le courant se noie sous l’effet des flots de sorties. Pourtant de véritables joyaux perpétuent l’aura puissante qui englobe cette musique passionnée et propice aux voyages intérieurs. La découverte d’un groupe tel que Daturah nous confirme qu’il n’est pas vain d’attendre et que non rien, absolument rien n’est joué d’avance.
Il ne faut pas attendre de « Reverie » une révolution tonitruante des préceptes érigés par les pionniers du style mais une hybridation somptueuse des meilleurs atours du style. On pourrait ainsi imaginer cet album comme la rencontre entre les orchestrations quasi progressives des somptueux The Evpatoria Report et la puissance d’Isis sur « Panopticon », avec en ombre portée la fougue de Red Sparowes, tout en développant une identité forte et unique pour le groupe allemand. On a vu pire convergence et pires références !
Cinq titres longs, plus de 10 minutes chacun, pour construire de vraies histoires sur des structures et une forme résolument rock en alternant une essence redondante de riffs ciselés et des montées vers les climax, basse ronde et parfois cold sous des dialogues de guitares fragiles faisant face aux saturations puissantes et contrôlées (« 9 », morceau magique).
Entité vibrante à chaque instant, l’intensité que dégage « Reverie » est tangible, réelle et son véritable visage se révèle sur la longueur des écoutes, devenant de plus en plus adidctif pour l’auditeur guettant les mouvements pour s’injecter sa dose d’émotions, comme cette attente quasi interminable, cette montée incroyable et jouissive à coups de guitares claires avant les cris de guitares de « Hybrisma ».
La scission entre post-rock planant et post-quelque chose métallisé semblait consommée, Daturah vient de reprendre les rênes de ce terrain oublié et s’en sort avec les plus beaux honneurs, ceux d’un album intemporel que l’on gardera avec soin dans sa discothèque, car « Reverie » est résolument une perle rare.
01. Ghost track
02. Hybrisma
03. 9
04. Deep b flat
06. Vertex