David Bowie


Slowburn e.p.


Columbia



2002




Sur le premier maxi issu de « Heathen », David Bowie présente « Slowburn », bien sûr, mais n’oublie pas de gâter son monde. Il faut dire que l’époque lui est plutôt favorable. Son disque, lumineux, est acclamé par la critique, et Tony Visconti lui sert de très bon alibi. Charming David en devient expansif, et il y a de quoi se réjouir : se dévoilent sur ce produit annexe quatre sessions inédites des enregistrements de « Heathen ». Celles-ci, majoritairement, préfèrent l’apaisement aux mouvements chaotiques caractérisant l’album. Une certaine quiétude tout en groove baigne « Wood Jackson » : basse ronde et claviers en apesanteur préparent le terrain. « Shadow man » voit le retour (attendu) du lyrisme de Gail Ann Dorsey à la basse : la voix de Bowie revêt ici un charme tout en sensualité. Le son est magnifique, peut-être un peu plus ténébreux que sur l’ensemble de « Heathen », et un choix prioritairement orchestral y marque son empreinte dès le milieu de parcours. On est dans la pop, on n’y est plus. Bowie brouille les cartes. De curieuses teintes psychédéliques envahissent l’électronique omniprésente sur le quasi-jazzy « When the boys come marching home », sans que la tension ne monte réellement. Bowie n’est pas un crooner absolu, il suffit ici d’apprécier l’économie d’effets de manches. Pour aussi subtils qu’ils soient, les arrangements ne flattent personne. On s’endormirait presque si n’arrivait pas le rock de « You’ve got a habit of leaving », échappé d’un « Hunky Dory » survitaminé : la production n’y est pas pour rien, mais on le sent, David Bowie revient à ses premières amours, pour bien vite briser le charme. Vous comprendrez à l’écoute. Bon voyage.