Deadchovsky
Spiritus Sancti Bizarre
Manic Depression
PsychEtylic Batcave
2007
Parti d’un délire entre amis, Deadchovsky s’est finalement imposé comme une référence de la scène batcave française en 2004 après la sortie de son premier album, Decadence Revolution. Le groupe avait en effet amené un son bourré d’influences diverses (notamment Neva, ou les Têtines Noires), à la basse saillante et aux changements de rythmes à répétition, enveloppés d’insaisissables nappes de synthés (un poil kitchouille parfois). Rien de novateur pour de la batcave me direz-vous. Certes oui, mais Deadchovsky avait su apporter à l’époque une ambiance et une patte reconnaissable entre mille, oppressante et malsaine entre le bad trip hallucinatoire à la vodka et la démence pure, saupoudré d’une bonne dose d’humour et d’autodérision… Tout ca pour dire que ce deuxième album, on l’attendait au tournant !
De la line-up du début, il ne reste que 2 personnes, celles à l’origine du projet depuis le début : Lois John Slut (guitare, ex Trespass, Sleeping Children…) et Afterglauk (basse/chant, ex Trespass, Malaise Rouge…), rejoints par Hellebore (claviers, Crimson Muddle), et Braen X. Divarre (batterie, ex-Trespass).
Ce qui frappe dès la première écoute de l’album, c’est le soin apporté à la production, en effet le premier album souffrait assez nettement d’une production franchement approximative, qui masquait beaucoup l’épaisseur de certains morceaux. Ici il n’en est rien, le son a beaucoup plus d’ampleur et met en valeur la densité sonore des compositions… Et quelles compositions ! Bah oui parce que je sais que dans l’ensemble vous vous en foutez bien de savoir d’où il vient ce groupe, qui ils sont, si la production est bonne et si il fait beau (pas encore casé ça par contre…). Vous voulez savoir si ce disque il est bon oui ou m…., et ce chroniqueur il commence à être gonflant, v’là déjà une demi page et il à toujours pas parlé de l’album ! Bon bon alors parlons-en de ce cd !
Dire que c’est une tuerie, serait un raccourci facile et ô combien subjectif, qui ne manquerait pas de déplaire aux lecteurs en mal d’objectivité. Ceux qui me font confiance pourraient déjà aller acheter le cd, vous ne serez pas déçu, dans un cas comme dans l’autre vous pouvez aussi lire la suite.
Avec Spiritus Sancti Bizarre, Deadchovsky a réussi à se renouveler avec brio. N’ayez point peur, la « patte » Deadchovsky est toujours bien là, et même plus que jamais. Cependant cette-fois le groupe a su aller plus loin… Dès l’urgent ‘Cosmic Sight’, la tension s’installe, avec ces rythmiques enroulées et cette basse qui envahi l’espace sonore, les synthés sont là, toujours prégnants et distillent leurs nappes hallucinogènes. On retrouve ainsi sur le début de l’album des morceaux dans la plus pure tradition Deadchovsky, comme le tubesque ‘I wanna look like the New Dark Age Model’. On s’installe donc dans une certaine continuité avec par exemple ‘Le frère du Sandwichier’, prolongement du fameux ‘Sandwichier glauque de Montmartre’, mais les morceaux atteignent un degré de maturité et donc d’émotion, qui manquait encore sur le précédent album.
Le milieu de l’album est marqué par une sorte d’interlude (‘Prélude intermédiaire…’) complètement hallucinée qui marque un changement dans le ton de l’album en enchainant sur l’angoissant ‘Butterfly Psyko Effekt’, morceau tendu et rampant, qui surprendra l’auditeur familier du groupe et où celui-ci montre qu’il est capable de créer des ambiances vraiment dérangeantes.
La deuxième partie de l’album continue donc dans une orientation plus dure avec notamment Children of tomorrow, qui marque un net changement au niveau du traitement des guitares. Celles-ci donnent de la voix, virant tantôt deathrock, tantôt carrément punk et s’alourdissant franchement. Ceci donne un aspect beaucoup plus brut et frontal à la musique qui se fait plus organique, plus sérieuse, et beaucoup plus pesante. Les vocaux déments et hallucinés d’Afterglauk ont aussi moins de mal à percer que par le passée, et se font carrément inquiétants.
Deadchovksy a gagné en maturité, et sait à présent ralentir la cadence, les changements de rythmes et autres déstructurations sont toujours présents mais nettement moins nombreux, utilisés à meilleur escient, au profit d’un sens mélodique en nette progression. De plus cette fois le quatuor n’hésite pas à ralentir la cadence et installe des ambiances lourdes et collantes : on pensera à Shadow Project, notamment, dans le dantesque ‘A nightride with the Moon’, terriblement sombre, lourd et oppressant qui tiendra l’auditeur en haleine pendant plus de 9 minutes…
Impossible non plus de manquer l’enragé ‘Génération Tchernobyl’, et encore moins ‘Ite Missa Est’ (la messe est dite), morceau de clôture duquel transparait une tension désespérée jamais atteinte par Deadchovsky, peur panique de l’inéluctable : la fin se rapproche et après il n’y aura plus rien. Ou alors…
Le monde ne sera plus fait que de pensées décadentes, visions négatives et cauchemars…
1- Cosmic Sight
2- La pythie démente
3- I wanna look like the New Dark Age Model
4- Le frère du Sandwichier (or brotherhood of misery at midi midnight sandwicherie)
5- Le cirque vicieux
6- Prélude intermédiaire : les dédales hermétiques
7- Butterfly Psyko Effekt
8- Children of tomorrow
9- A nightride with the moon
10- Génération Tchernobyl
11- Ite missa est