A vrai dire, on ne s'attendait pas, de la part aux Lyonnais de Destinity, à un retour aussi fracassant. Les trois années d'absence qui séparent "The Inside" de "Synthetic Existence" ont semble-t-il permis au groupe de soigner sa recette, écouter beaucoup de Metal suédois, affiner ses qualités de composition et d'instrumentistes...finalement, tout pour assurer les avants d'un "The Inside" aux petits oignons, d'u'>

Destinity


The Inside


Lifeforce Records/Rupture Music


Thrash/Death mélodique et puissant


2008




Que dire qui n'ait pas déjà été dit sur le nouveau phénomène extrême français?
A vrai dire, on ne s'attendait pas, de la part aux Lyonnais de Destinity, à un retour aussi fracassant. Les trois années d'absence qui séparent "The Inside" de "Synthetic Existence" ont semble-t-il permis au groupe de soigner sa recette, écouter beaucoup de Metal suédois, affiner ses qualités de composition et d'instrumentistes...finalement, tout pour assurer les avants d'un "The Inside" aux petits oignons, d'une puissance emphatique difficilement égalable, d'une rigueur et d'une passion flamboyantes.

Il n'est pas long de déceler les influences principales de Destinity, celles qui ont fait tourner l'inspiration du groupe d'une certaine manière lors de l'écriture de l'album. L'oreille tendue vers la Scandinavie, et plus précisément vers une scène suédoise foisonnante et référentielle, Destinity, fait parler ses guitares à la manière d'un Hypocrisy qui aurait fricoté avec Arch Enemy et Soilwork. Simplement énormes et assurées par une production privilégiant la limpidité d'un son violent, ces guitares grognent, s'entremêlent en pointes souvent doublées à la tierce, s'envolent le temps d'un solo thrash ("Still Remember"), martèlent un Death technique et catchy. Pas d'écueil metalcore trop trendy, pas de facilités harmoniques. Destinity puise au coeur de son inspiration les ressources d'une composition ouverte et sensible, rageuse et envoûtante, et plutôt personnelle. Si l'aspect Thrash/Death ne se cache pas, le plaisir de l'écoute et l'évidence de talent prédominent : chez Destinity, on n'hésite pas à alterner les rythmiques épileptiques (superbe travail de batterie) et les atmosphères plus lourdes ("The Inside", ou l'énormissime "My Senseless Theory"), le chant growlé hargneux et le chant clair épique (de bon goût, il faut le dire, là encore l'écueil mielleux emocore est bien loin), les breaks dépouillés et les breaks symphoniques (carrément proche de Dimmu Borgir sur "Inhuman Corrosive Report").

C'est dans ce mélange que Destinity parvient à trouver la salvation. Bel et bien symphonique grâce à des parties parfaitement intégrées, d'une concision à toute épreuve, violent, puissant, respirant des bouffées d'air de soufre et d'ouragan, The Inside est un album irréprochable, sur les plans de la technique, de la composition et de l'accroche. Assumé dans sa grandiloquence propre au Metal Extrême, il pourrait gêner ceux qui exigent une subtilité paradoxalement plus évidente. Mais Destinity, s'il joue dans une cour clairement catchy, ne manque pas de finesse et fait de son nouvel album une des sorties majeures du Metal en cette année 2008.


1. My Senseless Theory
2. Murder Within
3. Thing I Will Never Feel
4. Still Remember
5. A Thousand Falling Skies
6. Inhuman Corrosive Report
7. Ready To Leave
8. Enemy Process
9. Escaping Reality
10. The Inside