Diabolic
Infinity through purification
Magic arts Publishing / Century Media
death
2003
Là, honnêtement et comme dirait l’autre, ça « déchire GRAVE ». Le quatrième album de Diabolic (ne pas confondre avec le sublime groupe de gothic rock nordique DiaboliQUE) est en effet un petit chef d’oeuvre : ici, il s’agit d’un Death Metal crû mais élaboré, originaire de Floride (Tampa, comme par hasard…), teinté de Black pour certains arrangements de « chant » criard (mais très guttural dans l’ensemble, et assez proche de ce que commet Tucker pour Morbid Angel), dont la brutalité se fond dans une musique très pointue techniquement, très incisive et d’une lourdeur extrême. « Infinity through purification », qui plus est, est doté d’une production sans faille : les guitares ainsi que les partie cuivrées de la batterie ressortent avec une grande brillance et donnent à l’enregistrement un éclat peu commun. Le mix de la rythmique est d’ailleurs assez particulier : il privilégie les fréquences basses de la double grosse caisse, quitte à mettre légèrement en retrait le tranchant de la caisse claire. Les saturations, elles, ne sont pas en reste. Il y a derrière certains riffs de guitare un esprit guerrier (« Satanic barabarism ») que viennent contrebalancer des guitares en solo très mélodiques et/ou très planantes, comme le prouve la phase instrumentale centrale de « Spiritual transition ». Très au dessus de la mêlée, le Death metal US trouve ici de nouveaux espoirs, une dimension inespérée respectant les canons du genre mais gardant l’œil ouvert. Diabolic n’hésite ainsi jamais à pousser l’expérience vers des formats peu conventionnels (« Procession of the soulgrinders » et « Descending through portals of misery » avoisinent les six et sept minutes) et s’y côtoient violence et ambiances sépulcrales (« Infernal mental cannibalism »). Plus dynamique que jamais, Diabolic tend désormais à créer davantage d’imaginaire. Assez peu commun en somme, et pour le moins… sidérant à l’écoute.