Diary Of Dreams


Menschfeind


Accession Records / Indigo


electro dark wave


2005




Sous la forme, le successeur de l’album "Nigredo" croise le format EP (pour le nombre de titre : sept), et le format album pour sa durée (quarante-deux minutes). On vous laisse donc le soin de savoir ce que c’est vraiment, à votre convenance. Une chose de certaine par contre, au-delà de cette aparté d’ordre secondaire, c’est qu’Adrian Hates, maître d’œuvre éternel du projet Diary Of Dreams et ex-Garden Of Delight, ne réoriente nullement à travers ce nouveau chapitre les schémas stylistiques de la formation culte Dark Wave. Sur "Menschfeind", on retrouve ces textures glacées et ces rythmiques médium - voire lentes - qui firent la réussite de l’album précédent. Les guitares se fondent littéralement dans un mix très focalisé sur un rendu de synthèse (le titre éponyme) et la voix d’Adrian Hates progresse au creux de structures très assises, robotiques, et qui oscillent entre un rendu atmosphérique et des tentations dancefloor prononcées ("Haus der Stille"). Tout comme "Nigredo" et à l’instar de chaque sortie de DOD, l’objet est vraiment magnifique (CD intégralement noir et digipack luxueusement illustré, mais plus minimal toutefois que le lourd coffret de l’album précédent) ; les yeux semi-affrayés de cet enfant qu’on croirait sorti tout droit d’un cauchemar de Jeunet servent ainsi d’introduction visuelle plutôt effrayante à un (mini-)album hypnotique et froid, très "dans la marque de fabrique".
C’est ainsi ce qu’on pourrait peut-être reprocher - un peu - à Hates, au-delà du grand soin une fois encore apporté à la forme de la chose : le fond laisse l’impression de quelque chose de "figé". Et même si les séances d’enregistrement de ce format ont été proches dans le temps de celles qui ont présidé à la réalisation de "Nigredo", on aurait aimé quelques petites surprises.
Mais la musique est bonne, mélancolique comme de coutume, et finalement… c’est bien le principal.


1. Menschfeind
2. Haus der Stille
3. Day-X-Relic
4. Killers
5. Treibsand
6. The Cage
7. Pentaphobia