Die Puppe
Wonderland (maxi)
Kamisori / Infrastition
rock électronique mélancolique
2007
Qu’est-ce qu’un bon remix ? me demandais-je récemment. Bien sûr, la réponse simple serait : un remix qu’on ne regrette pas d’avoir acheté. Certes…
Avec ce six titres, « Wonderland », Die Puppe place deux inédits qui méritent à eux seuls l’achat. Le packaging est somptueux, une série de quatre photos dans un esprit boudoir d’été assez frais qui aurait plus à Lewis Carroll : Reed 013 a fait du bon boulot.
Reste notre question des remix.
Cricket reprend « Alice Hélice » (titre remanié) et place une première réponse : les instrumentations sont totalement modifiées au profit d’une ambiance glaciale, voix en retrait, rythme ralenti. Si la mélodie de départ est conservée, le morceau s’éloigne largement de l’initial. On retrouve un peu de l’esprit de « Fixed », le EP de remix de Nine Inch Nails, à savoir une volonté de triturer, de se défaire du carcan « chanson » de l’original afin de poser des pistes sur d’autres possibilités. Un cahier de tendances goth (lenteur, pesanteur) et électronique (sons triturés, bruitages).
Phil Von et Lisa May modifient « La Reine Des Mouches ». On ne retrouve pas ici du Von Magnet, deuxième réponse : un remix ne doit donc pas servir le nouvel artiste, ni l’ancien, mais se mettre au service du morceau. Les deux compères s’occupent surtout de la structure, allongent l’introduction et créent une conclusion. Le synthé est mis en avant, là encore, la dominante mélancolique de la musique originale de Die Puppe est ce qui a retenu l’attention. En accentuant encore plus cette piste, ils auraient pu chercher du côté de Prokofiev, voix gracile écrasée par des nappes ; sous cette forme, on stagne un peu et c’est bien dommage.
Shrink V. transforme « Chemicals » et c’est celui qui se montre le plus irrévérencieux. Sa proposition m’a choqué au départ tant « Chemicals » me plaisait dans sa version originale. C’est donc le troisième précepte : un remix ne doit pas être plombé par la force de départ du morceau et oser s’en défaire. Break cassé mid-tempo, mélodie des voix quasi ramenée à de la psalmodie, à l’exception du refrain, évolution progressive vers une structure en spirale, fin en boucle, évanescente. Finalement, c’est très bien, mais j’ai l’impression que ce n’est plus du Die Puppe.
Revenons sur les deux inédits. Sur « Wonderland », la voix de Dollga progresse encore vers le blues., comme une sorte de Gitane Demone entouré d’éclairs électroniques, un titre qui tourne autour de l’idée de transe et asticote (« Your body was my wonderland »). « Little Death » emploie une guitare claire en écho lointain, renforce son cadre électronique et ses basses, double les pistes de voix pour un écrin stable dans lequel Dollga prend son élan. On cerne mieux ce que je cherchais Usher avec cette nouvelle chanteuse : du coffre et de l’assise pour tenir tête face à des multiples couches de sons plus lourds, une manière de s’éloigner de l’optique chanson française qui prévalait dans « la Reines Des Mouches ». Avec une voix plus puissante, Usher se défait aussi de la thématique de l’enfant (propre à carroll) qui dominait son premier album.
Enfin, un sixième titre (de 18 secondes !) amorce une suite par un fade, supplément non mentionné sur la pochette.
1. Wonderland / Flesh Machine Mix by Usher
2. Little Death / Kobe Mix by Sunao Inami
3. Alice Hélice / Anarchic Chic Mix by Cricket
4. La Reine Des Mouches / Von Magnet Mix by Phil Von & Lisa May
5. Chemicals / Junk Mix by Shrink V.
6. - -