Dimmu Borgir
In Sorte Diaboli
Nuclear Blast
Black Metal
2007
On s’habitue à tout, même à l’enfer. C’est en effet l’Apocalypse que nous promettait Dimmu Borgir à ses débuts, il y a plus d’une dizaine d’années. Dix années durant lesquelles leur Black Metal est passé du stade « ta mère va en creuver quand tu passeras le disque » à celui d’une machine bien huilée portée par une démarche quasi industrielle dans la forme. L’optimisation du style donc, comme d’autres industries optimisent leurs fabrication, innover avec parcimonie pour susciter l’intérêt sans pour autant bousculer le client habituel, gonfler le son pour suivre les tendances, saurait-on en tenir rigueur à Dimmu Borgir ? Difficile d’oublier que d’autres Black Metalleux de l’époque – anglais pour leur part - ont depuis quelques années signé pour l’Ecole du Cirque et que le résultat n’est pas des plus glorieux…
Il aura tout de même fallu quatre années aux Norvégiens pour succéder à l’imposant « Death Cult Armageddon » qui imposa définitivement Dimmu Borgir en chef de file du Black « grand public ». Aujourd’hui « In Sorte Diaboli » ne bouscule pas les codes et reprend pour ainsi dire là ou le précédent album s’arrêtait. Les orchestrations grandiloquentes ont pourtant cédé la place à plus de vigueur (Hellhammer, de retour aux futs y est sans doute pour beaucoup) et de synthétique, comme pour mieux focaliser sur la puissance qui se veut le pilier de cet opus. La dynamique est travaillée, les breaks nombreux pour aérer la densité du venin craché et introduire les - rares - plages plus atmosphériques. Pourtant, en quelques écoutes seulement la messe est dite – mouarf, pardonnez moi, cétait trop évident – et l’évidence s’impose, « In Sorte Diaboli » est au moins aussi bon que « Death Cult Armageddon », mais pas meilleur. Ce n’était pas forcément une fin en soi me direz vous à juste titre. Certes, mais un poil d’excitation dû à la nouveauté n’aurait pas été de trop.
« In Sorte Diaboli » montre un visage plus brut et carnassier, une réalisation une fois encore exemplaire tant par l’exécution que par le production et propose des titres véloces. Mais on s’est habitué à ces déflagrations et ces vociférations, au point de ne pas y prêter plus attention que ça. Par analogie, on pourrait dire que cet album est du bel ouvrage, suscitant un large respect par une facture irréprochable mais n’émoustillant réellement que la frange des fans du groupe. Un nouvel épisode d’une très bonne série, sans plus.
01. The Serpentine Offering
02. The Chosen Legacy
03. The Conspiracy Unfolds
04. The Sacrilegious Scorn
05. The Fallen Arise
06. The Sinister Awakening
07. The Fundamental Alienation
08. The Invaluable Darkness
09. The Foreshadowing Furnace