Dismember


Dismember


Regain Records


death metal


2008




Avec cet album éponyme, la formation suédoise Dismember fête ses vingt ans et assied avec panache mais hors de tout "progressisme" un style couplant un sens inné de la rythmique thrashy et, dans son phrasé comme son sourd rendu, les phrasés acerbes et lourds du Death Metal. Ces derniers ressortent d’une approche lead typique du genre, présente dès l’introduction du tout premier titre ("Death conquers all"), ainsi que des tendances vocales à un grunt déclamatoire. Qui, pour tout dire, s’avère un peu lassant sur la longueur, et laisse en mémoire les premiers rôles aux brillantes guitares de David Blomqvist et Martin Persson.

Compact, organique et relativement efficace, très classique aussi ("Legion", "To end it all"), "Dismember" devrait s’attirer les plus hautes faveurs de ceux qui restent dans le doute face à la scène Melodic Death metal, et qui se plaisent à espérer encore un sursaut du brutal genre originel. Ils en trouveront les restes sur des titres tels que "Europa burns", tandis que la troisième composition de l’album ("Under a Bloodred Sky") révèle quelques tendances à la mélodie. Elles les laisseront peut-être plus circonspects. Pour autant, les franges heavy de ce titre-là (et notamment les parties lead finales, sorte d’hommage déguisé, ou inconscient à Iron Maiden) donnent une respiration à l’album. Une respiration nécessaire, serait-on tenté de dire.
Ce disque très riffé (l’oppressant "The Hills have Eyes", l’épique "Tide of Blood"), non content de bénéficier d’un rendu puissant et assez propre, joue sur plusieurs tableaux rythmiques. La formation y laisse dominer son speed coutumier, tout en exposant quelques dispositions à la lenteur. Elles s’offrent à titre principal sur "No Honor in Death" (ici, Dismember frise un Doom old school) ou, plus tard, via l’introduction et la conclusion (malheureusement raccourcie en fade out), très resserrées, du final "Black Sun".

Dismember, dès lors, s’impose comme artisan de la survie d’un genre ancré dans une époque révolue. Ses développements gardent, en 2008, un niveau certain de crédibilité via des réalisations telles que celle-ci. Niveau surprise, par contre, c’est calme plat.
Fatalement.


1. Death conquers all
2. Europa burns
3. Under a Bloodred Sky
4. The Hills have Eyes
5. Legion
6. Tide of Blood
7. Combat Fatigue
8. No Honor in Death
9. To end it all
10. Dark Depths
11. Black Sun