Dream Theater


Octavarium


Atlantic


Metal Progressif


2005




La déception. La seconde, la plus forte. D’autant plus insupportable lorsqu’elle nous vient d’un groupe que l’on considère comme majeur et incontournable, que l’on vénère pour tout ce qu’il nous a apporté comme vibrations intenses. A l’époque, « Falling Into Infinity » nous avait paru mou et mièvre mais annonçait la fin du cycle Derek Sherinian. Une demi-teinte bien vite oubliée, coincée entre les deux monuments « Awake » et « Scenes from a Memory », un petit mais superbe « A Change of Season » en prélude.
Mais pour le coup, « Octavarium » plombe net la volonté tenace que l’on avait de suivre contre vents et marées Dream Theater. Le temps remédiera sûrement… et honnêtement, on ne demande que ça, d’être bousculé de nouveau, surpris comme on le fut avec « Six Degrees of Inner Turbulence » ou « Train Of Thought », que le quintette reprenne de sa majesté et nous bastonne.
« Octavarium » est mou, terne, rempli par son milieu d’une inconsistance à pleurer : citons pour preuves à charge l’ignoble « The Answer Lies Within », le morne « These Walls », le prometteur « I Walk Beside You » très U2 avec un pont splendide mais un refrain pop nullissime… Quelques velléités de revenir en bon terme pointent leur nez avec « Panic Attack » ou « The Root of All Evil » mais force est de constater qu’on navigue à vue en plein naufrage, rien de neuf sous les décibels, si ce n’est cette voix de tête à la Muse sur « Panic Attack ». Alors, malgré tout et en désespoir de cause, on place tous ses espoirs sur un final apocalyptique avec les monstres « Sacrifed Sons » et « Octavarium ». Las, peine perdue, le charme est rompu, les errances ambiantes semblent construites sur un décor de cinéma, du carton peint au milieu de désert, de l’artificiel en un mot. Et les émotions artificielles, ça ne passe plus, même venant d’eux.
A moins de s’auto-persuader par un martèlement d’écoutes répétées que, tout de même, c’est excellent. Technique vieille comme la bande FM, NRJ et Europe 2 l’utilisent à qui mieux mieux pour nous faire prendre conscience que Kyo est le rock, le vrai.
« Octavarium » sent à plein nez l’album de fin de contrat réalisé en vitesse pour se sentir libre de tout engagement vis-à-vis d’une maison de disques. Et malgré un concept alléchant visant à reprendre dans chaque titre une époque et une ambiance d’un des albums précédents, rien ne réveille la petite flamme. Au mieux se force-t-on à reconnaître les titres-riffs réarrangés en milieu hostile.
Alors on oublie cet accident de parcours, on n’en tient pas rigueur et on espère, pieusement, que désormais Dream Theater ne va plus être que l’ombre de lui-même mais bel et bien un monstre. Ce monstre qui nous assommait avec des « Pull Me Under », des « Take the Time » ou des « The Mirror ». Ce monstre qui nous faisait sécher les cours pour être le premier à l’avoir dans le royaume, en déballant le carton avec le disquaire, qu’on écoutait religieusement des journées entières au casque, disséquant chaque partie puis se laissant submerger par un tout formidable.
L’envie n’y est plus, redonnez la nous messieurs ! Et en beauté s’il vous plait !


01. The Root Of All Evil
02. The Answer Lies Within
03. These Walls
04. I Walk Beside You
05. Panic Attack
06. Never Enough
07. Sacrificed Sons
08. Octavarium