Echo and The Bunnymen
Siberia
Cooking Vinyl/ Wagram
Pop Glaciaire
2005
Pour ceux que « Ocean Rain » ou « Porcupine » continuent de hanter, chaque nouvel album d’Echo and The Bunnymen est porteur d’un espoir, celui de voir le groupe retrouver l’inspiration et la force qui ont créé ces œuvres légendaires. Et avec les disques en demi-teinte des dix dernières années, cet espoir n’a malheureusement jamais trouvé d’écho (oui, bon…). « What are you going to do with you life », ou plus prés de nous (en 2001) « Flowers » sans être des ratages, loin s’en faut, ne prouvaient pas que nos Bunnymen étaient encore capable d’un grand disque. Et bien la preuve là voilà, servie sur un plateau d’argent (aussi appelé « cd »).
Autant être honnête, l’émotion est forte chez votre dévoué serviteur.
Dés l’ouverture avec « Stormy Weather » on sent qu’on tient là un grand cru : une sacrée bonne chanson (avec un je-ne-sais-quoi de New Order) Ian McCulloch très en voix, bien que son bel organe porte les stigmates d’une consommation conséquentes de cigarette, d’alcool et autres, et de son coté Will Sergeant retrouvant la fluidité et l’épure qui caractérise le son classique d’Echo and The Bunnymen.
La rythmique quant à elle soutient avec efficacité et conviction, et on pense à l’excellent et regretté Pete de Freitas (batterie), tragiquement disparu en 1989.
Mais c’est véritablement « All Because of You Days » qui fait s’emballer le cœur de l’auditeur averti ; en effet tout porte à croire que nos vétérans de la pop glaciaire ont renoué avec leurs muses, et surtout qu’ils ont su condenser le meilleur de leur glorieux passé sur « Siberia ».
Et ça se confirme sur les titres suivant, avec « Parthenon Drive » qui semble directement échappée de « Porcupine » (cette basse élastique…), ou encore « Of a Life » ou « Scissors in the Sand » qui nous replongent dans les débuts sous haute influence psyché 60’s du groupe. De grandes chansons de cet acabit, le disque en est truffé, impossible de ne pas reconnaître que c’est ce que la paire McCulloch et Sergeant ont fait de mieux depuis « Ocean Rain ».
On reste interloqué devant tant de perfection, 25 ans après.
On se rend également compte que la « formule » Echo and The Bunnymen n’a pas pris une ride, et ainsi que peu de choses ont changé en terme de son, même si on sent bien qu’il s’agit d’un enregistrement actuel. Mais voir le groupe renouer avec son age d’or en restant parfaitement intemporel est une grand leçon pour ceux qui voudraient que les années 80 soient à jamais celles du mauvais goût et des synthés cheap (synthés qui n’ont jamais été du goût de nos Liverpudliens, on en entend d’ailleurs très peu sur cet album, si ce n’est une nappe discrètes sur un ou deux titres) ; évidemment ceux-là sont de moins en moins nombreux, et on voit même l’effet inverse avec l’arrivée d’un tas de groupes qui n’hésitent pas à piocher dans le pire des années « wave » (souvenez vous de Simple Minds par exemple.).
Et bien, le bon goût et la grande classe sont là, à n’en pas douter, sur ce disque hors des modes fait avec amour (ça se sent) et avec un talent qui ignore l’âge et qui montre qu’on peut bien vieillir en tant que groupe de rock, du moment qu’on se fonde sur la base de tout : les bonnes chansons et la sincérité de l’interprétation, pas les gimmicks bidons.
Evidemment il y peu de chance pour que Big Mac et sa bande excitent outre mesure les ados venus au rock à la faveur d’une mode qu’on imagine condamnée à retomber, comme toute mode par définition, mais pour ceux qui se foutent des rebelles en carton-pâte et des produits formatés (voire carrément surgelés), Echo reste en 2005 une valeur sûre, et « Siberia » un putain de disque. De ceux qui défient l’analyse et qui méritent qu’on se taise.
1.Stormy Weather
2.All Because of You Days
3.Parthenon Drive
4.In the Margins
5.Of a Life
6.Make us Blind
7.Everything Kills You
8.Siberia
9.Sideways 8
10.Scissors in the Sand
11.What if We are