Editors
An End Has A Start
PIAS
Poppy Post-Punk
2007
Parmi toutes les formations engouffrées dans le fameux « revival post-punk », Editors avec la sortie de ‘The Back Room’, incarnait une des rares alternatives sérieuses, et de surcroit anglaise, aux New Yorkais d’Interpol. Une rasade de Joy Division, une louche de Echo and the Bunnymen, saupoudré d’une dose de Chameleons, et le tout servi par des musiciens au talent mélodique réel et un chanteur talentueux (Tom Smith) : voici les ingrédients d’une musique qui a fait mouche à la première écoute. C’est donc avec une certaine impatience, voire appréhension (Interpol avait déçu avec son deuxième opus), qu’on attendait une suite à ce petit chef d’œuvre qui contribua à remettre au gout du jour un propos que beaucoup croyaient perdu à jamais depuis 20 ans…
Malheureusement on ne peut qu’être déçu par ce nouvel opus, en effet, passé le premier et exécrable single ‘ Smokers Outside a Hospital Doors’, on s’aperçoit rapidement que la chambre de derrière s’est transformée en véranda et la tension claustrophobe qui faisait l’intensité de ‘The Back Room’ s’est complètement évanouie, emportée par des guitares beaucoup plus aériennes aux accents parfois post-rock. L’album y gagne alors en mélancolie ce qu’il perd en intensité… Au risque malheureusement de virer à la guimauve rapidement comme par exemple sur le pesant ‘The weight of the World’ ou le pénible ‘Push your Head toward the Air’, tout juste sauvé par une montée intéressante sur la fin. Mais alors ce nouvel opus est-il donc définitivement mauvais ?
Pas de conclusions hâtives, cela ne va quand même pas jusque là. Ainsi, ‘An End has a Start’ tente de raviver la flamme de ‘Munich’ mais sans toutefois y arriver, tandis que ‘Bones’, morceau joué en live depuis longtemps, offre à l’album son premier morceau vraiment intéressant qui rappellera un peu ‘All Sparks’. Dans le très bon enfin il faut quand même mentionner le puissant ‘The racing Rats’ qui renoue pour un temps avec une certaine tension avec ses guitares acérées et son travail rythmique tantôt tribale tantôt punk. ‘Escape the Nest’, tout en nuance sort des sentiers battus et mérite aussi que l’on s’y arrête de même que ‘Spiders’ qui n’est pas non plus dénué de conviction et donc d’intérêt. ‘Well Worn Hand’ pourrait se faire touchante pour clôturer l’album mais manque désespérément d’énergie et peine malheureusement à communiquer l’émotion.
Ainsi si ‘An End has a Start’ mérite d’être écouté, il n’en est pas moins décevant et c’est donc un album en demi-teinte que nous offre là le quatuor anglais, où le pénible côtoie le plutôt bon sans toutefois jamais atteindre l’intensité et l’émotion de l’ainé, ‘The Back Room’.
1- Smokers Oustide The Hospital Doors
2- An End Has A Start
3- The Weight Of The World
4- Bones
5- When Anger Shows
6- The Racing Rats
7- Push Your Head Toward The Air
8- Escape The Nest
9- Spiders
10- Well Worn Hand