End Of Green
Dead End Dreaming
Silverdust Records / Soul Food
dark rock
2005
Si End Of Green avait assis sur ses précédents opus un songwriting relativement assuré, il y a fort à parier qu’à de nombreux points de vue, "Dead End Dreaming" leur fait passer un cap. Sur le fond, les compositions n’ont pas spécialement gagné en originalité. Mais "Dead End Dreaming" s’avère un ensemble composite qui gagne en maturité, et au travers duquel on sent la formation resserrer son style. L’écriture des Allemands a adopté la concision, elle va droit au but et assied un rock ténébreux, un brin catchy parfois. Si l’essentiel des compositions tient dans des rythmiques enlevées et plutôt héroïques, End Of Green se laisse aussi aller au clin d’œil tendance Doom ("Cure my Pain", plutôt convaincant dans le genre). Le référentiel gothique, lui (adapté au Metal, soit correspondant à une dégénérescence accrûe des formes originelles du rock gothique), n’a pas disparu. Et c’est bel et bien sur les quelques parties de voix les plus graves (très inspirées par l’optique personnelle de Peter Steele, comme sur ce "Weakness" qui va rendre verts de jalousie The 69 Eyes) que Michelle Darkness (mais où as-tu trouvé ce surnom, Michelle ?) laisse transparaître le plus l’héritage en question. Tandis que le chant impose une tenue aérée (mais se laisse aller à des déclamations frappées d’une légère saleté, rappelant certains réflexes Grundge), Olivier Merkle et Michael Setzer murent de guitares l’arrière-plan, dans le respect de formes assez brutes et très rock mais avec le souci constant de hisser au même rang puissance et spleen.
Le son donné par la production du très demandé Alexander Krull (Atrocity) n’a pas la même froideur clinique que d’habitude et franchement, ça sert plutôt le disque. Le tout sonne presque "live", chaud. On est ici loin des fanfaronnades saugrenues et abusivement orchestrées de certaines autres formations autoproclamées "Gothic Metal" et proches de la famille Krull, tel le fumeux Leaves’ Eyes. Bien au contraire, End Of Green axe son propos sur une exécution sobre et visant un rendu habité et sensuel ("Sick one"), tout en gardant d’indéniables attraits masculins. Les formats, majoritairement courts à l’exception de l’issue nommée "All about nothing", installent un Rock habité, mélancolique et puissant.
Alors, on n’en fera peut-être pas un disque de chevet, tout simplement parce qu’il manque un brin de génie à End Of Green. Mais le travail est plus que soigné et convainc. Il transpire.
1. No coming Home
2. Dead End Hero
3. Speed my Drug
4. Cure my Pain
5. Weakness
6. Sad Song
7. So many Voices
8. Sick one
9. She’s wild
10. Drink myself to sleep
11. All about nothing