Esoteric
Subconscious dissolution into the Continuum
Season Of Mist
sepulcral and mortuary doom metal
2004
Depuis mai 2002, Esoteric a rencontré de nombreux problèmes de line-up, ce qui a empêché le désormais sextet de finaliser plus rapidement son quatrième et très attendu nouvel album. L’attente faisait donc partie du jeu mais il tardait à l’auditoire de ce groupe culte d’appréhender sa nouvelle œuvre. On était resté complètement anesthésié par la force du précédent et troisième opus, "Metamorphogenesis", qui faisait abandonner au groupe de Greg Chandler (voix, guitares) le format du double album qui présida à la réalisation des deux premiers opus officiels d’Esoteric. Cela n’empêchait point le groupe de poser les marques les plus absolues en matière d’assise rythmique et d’ambiances mortuaires. Le groupe signait alors un travail qu’on considéra comme définitif, absolu.
Voici venu aujourd’hui "Subconscious dissolution into the Continuum", qui célèbre l’avènement d’une nouvelle ère : le line-up d’Esoteric comprend trois nouveaux membres. Andy Semmens (batterie, remplaçant du musicien de session Keith York), Mark Bodossian (basse, qui a intégré la formation après qu’un certain Trevor lines, musicien de session, ait posé les parties en studio), et Olivier Goyet (claviers). Ces trois petits nouveaux révolutionneront-ils plus le son d’Esoteric en live que les musiciens de session engagés pour la confection de ce quatrième chapitre ? Pas sûr, car ce qui ressort bien du disque, c’est le respect par Esoteric de ses propres canons, et à travers lui la grande constance artistique qui anime les membres permanents. Les guitares de Bicknell et Peters continuent en effet, inlassablement, de forger cette masse lente et abrupte qui coule un Doom des plus mortuaire qui soit. En revanche, Eosteric a pris le parti d’une plus grande clarté, et le disque atteint des standards de production supérieurs à ce que développa la formation sur les précédents enregistrements. Ce qui formait le charme de l’ensemble précédemment, ce magma de guitares informe et terrifiant, ces niveaux de perception multiples, mute vers une arabesque d’harmonies que le mixage rend plus distinctes, plus pures aussi. L’ambiance Floydienne introduisant le second morceau ("The blood of the eyes") ressort de cette ambition qui est de "rendre" davantage la musique d’Esoteric en terme de reliefs, de volumes. La musique reste donc très massive, oppressante, mais elle y gagne physiquement, devient plus tranchante, plus impressionnante encore.
Si ce n’est renforcer l’aura et le culte existant déjà autour d’Esoteric, "Subconscious dissolution into the Continuum" n’est ni plus ni moins que l’arrivée d’Esoteric à de nouveaux seuils d’achèvement, une progression formelle pour un Doom intégral, qui s’inscrit dans le respect des règles déployées dès le départ.
Un disque magistral, un pic dans la carrière déjà très conséquente d’Esoteric.
1. Morphia
2. The blood of the eyes
3. Grey day
4. Arcane dissolution