Eternal Deformity


Frozen Circus


Code666 / Aural Music / SPV


modern & experimental electro-metal


2008




Fille spirituelle des expérimentations baroques d’Arcturus, la teneur de l’Electro-Metal des Polonais Eternal Deformity pourrait régénérer l’intérêt d’une frange du public metal pour ce type d’essai. Souhaitant se défaire des carcans organiques du genre pour toucher des espaces colorés et expérimentaux, le spectacle de "Frozen Circus" opère un patchwork des différents modes opératoires existant en tant que sous-genres du Metal. Phrasés heavy, accents death, l’ambition d’Eternal Deformity est d’unifier tout cela dans un ensemble cohérent, dynamique et friand d’enrichissement instrumental, que ces derniers passent par le recours à une acoustique exotique ou aux machines héritées en musique de la révolution industrielle.

Sur le plan des formes, le groupe parvient à une certaine fluidité même si certains collages synthétiques ne donnent pas dans une finesse extrême. Ils s’avèrent extrêmes voyants parfois, assommant plus qu’ils ne suggèrent. Cela étant, Eternal Deformity fait preuve de vaillance, voire d’ambition en termes de mise en place.
La récompense résidera en une estime méritée pour la plupart des formes exposées sur l’album. Car pour le reste et sur le fond, en comparaison à l’œuvre de maîtres du genre (type Arcturus, pour y revenir), les assemblages d’Eternal Deformity renvoient une forme de… timidité, oui. Ne pas goûter à Arcturus avant de tester "Frozen Circus". Faire le contraire, plutôt. Dans le cas inverse, l’adepte pourrait connaître la désillusion, surtout au vu de l’expérience d’une formation dont les débuts remontent à 1993 et qui a, depuis, cumulé à son actif pas moins de quatre albums studio. Comme si la démarche, osée pour ne pas dire extrême en tant que telle, se diluait dans le désir du collectif d’obtenir un résultat le plus mélodique, voire le plus catchy possible. Un "Arcturus pop", en quelque sorte, quoique le comparatif s’avère un brin réducteur.
Cet impératif mélodique, conscient ou non, affadit nettement "Frozen Circus". Il l’apparente à un simple exposé de capacités techniques, lequel ne découle que rarement sur un vrai souffle. Ainsi en va-t-il de l’acte manqué "Little 15", reprise de Depeche Mode jouant de gros effets de manche là où le groupe aurait au contraire pu choisir de réinventer le minimalisme originel qui marquait la composition. Mais là, le groupe en fait trop. Bien dommage.

Au final, il reste sur "Frozen Circus" une musique bien jouée, peu catégorisable (un bon point) et un disque certes attrayant. Mais la réalisation de ses promesses reste en suspens, hormis peut-être le temps d’un héroïque "Thor’s Message" : un des rares titres à contenir une émotion véritable et qui nous fait dire qu’Eternal Deformity pourrait réellement épater à l’avenir… à condition d’aller jusqu’au bout de sa démarche. Ce groupe peut tout embrasser, il lui reste à voir plus loin.

Allez. Levez-vous, n’ayez pas peur.


1. Retrospection
2. The Force Of Your Heart
3. Unholy Divine
4. Little 15
5. Crime
6. So Silent
7. Thor's Message
8. Endless Night
9. Lovelorn