Eths


Soma


Sriracha Records


Metal sombre et ambient


2004




Voilà un premier album qui était attendu de pied ferme, non seulement par tous ceux qui avaient pris une grosse claque à l'écoute de « Samantha », le premier EP de Eths, mais aussi et surtout par tous ceux qui craignaient que la jeune formation marseillaise se prennent les pieds dans le tapis de la facilité en pondant une musique plus formatée depuis leur signature chez Sriracha Records. Dés la première écoute, on s'aperçoit que ce « Soma » présente plutôt bien, restant dans la continuité des précédentes productions du groupe. Cependant, on sent d'emblée qu' Eths a pris son temps pour composer, chercher à affirmer son style et délimiter des contours plus nets à leur musique en la débarrassant de tout superflus. L'ensemble est donc plus épuré, les riffs directs, les rythmiques moins chargées, l'instrumentation recherchant désormais à mettre prioritairement l'accent sur l'efficacité et la mise en relief des lignes de chant toujours aussi sombres et rageuses de Candice. En effet, le petit plus de Eths par rapport à nombre de groupes métal de sa génération, c'est cette voix. Une voix qui porte en elle autant les tourments de l'âme que ceux du corps (« Soma » en grec, le titre de l'album), tantôt haineuse et écorchée, tantôt suave et sensuelle. Et si les puristes reprocheront l'orientation parfois très mélodique de celle-ci, c'est qu ils seront passés à côté des reliefs et des ambiances qu'elle permet d'instaurer dans les compositions du combo sudiste. En effet, si par le passé la puissance et la lourdeur étaient le fond de commerce de Eths, on sent sur « Soma » que le groupe a décidé de s'efforcer de peindre avant tout des atmosphères crédibles et expressives capables de porter les textes profonds et désespérés de leur chanteuse. Cependant, que les amateurs de pogo furieux se rassurent, les marseillais continuent de nous gratifier de riffs acérés et de rythmiques saccadées comme sur « Méléna », « Le Fruit des anges » ou encore « Simiesque », mais force est de constater que les titres les plus marquants sont le plus souvent les plus mélodiques tels que « Crucifère », « Détruis-moi » et surtout le magnifique et très sensuel spoken words, «L'instant sourd ». « Soma » se plait donc paradoxalement à jouer plus avec nos émotions qu'avec notre corps, réconciliant d'une certaine manière l'âme et la chair dans une sorte d'eucharistie musicale primitive, brutale mais ô combien sensible.


1.Méléna
2.Crucifère
3.Détruis-moi
4.Septum Lucidum
5.Le fruit des anges
6.Lemiscate
7.Rutsah
8.Je vous hais
9.L'instant sourd
10.Simiesque
11.Ailleurs c'est ici
12.Elle s'endort