Evergreen
Evergreen
Temporary Residence / Chronowax
punk noise
2003
Se retrouvent réédités aujourd’hui les travaux salissants du quatuor punk / noise Evergreen, des choses qui datent tout de même de 1994 – 1996, c’est_à-dire d’une époque où le Grunge va mourir, à un moment où on ne peut pas dire que le « cradingue » soit resté à la mode ou à son avantage. Surtout en matière de Punk. Si la musique d’Evergreen dépasse ce simple cadre, il est clair que l’approximation et la hargne avec laquelle ils projettent voix et guitares tiennent davantage de cette culture que de la noisy des années 80. Peu rigoureux (rythmiques parfois bancales) mais inventif, le quatuor avait ébauché les contours d’une musique brute, dont les accents parfois bluesy (« Pants off ») venaient dégouliner sur un ensemble bruyant mais ouvert : il y avait une dimension ambiante chez Evergreen (« Sweet Jane »), ce que confirment largement les guitares presque cold de « Solar song » (le seul morceau qui séduira assurément fans de Cure ou Ride). Pour le reste, c’est la poussière et la saleté que Evergreen s’évertue à remuer, ce qu’il arrive formidablement à faire sur les entêtants « Fairlane », « Whip cream bottle », ou le très percutant « Kark Kent ». En quarante cinq minutes se condense ici une approche incisive et sale, dont les vibrations parviennent encore à nous. Peut-être parce qu’au delà du bruit, c’est une terrible envie de vie, mais aussi un certain réalisme, que contenait en suspens le son Evergreen.