Fatal Flying Guilloteens
Get knifed
Estrus Records / Chronowax
punk noise
2003
Le futur du Punk s'est construit dans le bruit. Alors que certaines perspectives laissaient entrevoir une déjante possible hors des schémas bruitistes attendus durant les années 80 (Siouxsie & The Banshees), le Punk qui tira son épingle du jeu dans les années 90 se nommait Jesus Lizard, il appuyait là où ça faisait mal : sur l'overdrive, la dissonnance, le désaccord. Fatal Flying Guilloteens est de ceux-là, qui refusent toujours et encore le formatage du genre imposé par le marché : laissons Offspring aux foules, concentrons nous sur l'alternative. La déjante noisy de ce "Get knifed" ne dure que vingt quatre minutes, mais durant ces vingt quatre minutes là, on en prend pour son grade : les guitares triturent les rythmiques dans tous les sens, le trio laissant quelques invités apporter une contribution sonique aussi exemplaire qu'indispensable. Du début à la fin, Fatal Flying Guilloteens crache son venin, éructe son désenchantement : ça ne joue pas forcément carré, et c'est peut-être aussi ce qui forge le charme vengeur si particulier de ce combo. Comment résister aux déluges de guitares de "Onward Electric" ou "Cup of 1000", à la basse dégoulinante qui embourbe ces rythmiques tout en syncopes ? Définitivement, "Get knifed" donne un prolongement au genre, comme si le Punk ne pouvait se reconstruire que sur le chaos qu'il a semé. Nos guitares vont mal, mais mon Dieu, qu'est-ce-qu'elles hurlent. Et nous sommes vivants, toujours vivants.