Fear Factory


Transgression


Roadrunner / The All Blacks B.V.


modern ambiented metal


2005




Pour certains, Fear Factory ne dépassera jamais "Demanufacture".
Mais "dépasser" en quel termes ? En agressivité, en puissance ? A ce compte là, peut-être pas, d’accord. Pourtant, depuis le départ du guitariste Dino Cazares et le retour sur le devant de la scène du combo américain, il pointe un espoir. Quelque chose qui fait se mouvoir Fear Factory vers de nouvelles perspectives. Rangs resserrés, optique affinée autourd 'une production convaincante signée Toby Wright (Alice In Chains / Metallica).
Et force est de constater que l’état des troupes est plutôt fameux. Ce n’est d’ailleurs pas le dernier et excellent "Archetype", sorti en 2004, qui contredisait un commentaire qu’on peut avec aisance renouveler aujourd’hui. Il faut dire qu’après le très mitigé "Digimortal", Fear Factory avait un blason à redorer sérieusement, et que l’épreuve de l’épure du line-up avait de quoi angoisser les adeptes. Diantre ! S’attendait-on à voir Christian Olde Wolbers assumer depuis 2004 et de si belle manière toutes les parties de guitares pour Fear Factory ? C’est pourtant bel et bien le nouveau tour de force qu’il renouvelle sur "Transgression", un disque qui n’aurait pas pu porter meilleur titre tant son orientation générale ouvre le petit champ dégagé un temps par la formation originelle, pour conquérir désormais de nouveaux territoires.

Clairement, "Transgression" est un des disques les plus lumineux et mélodiques que Fear Factoy ait jamais engendré. "Lumineux" au sens ou les atmosphères éclairent d’une certaine plénitude un univers berçant toujours dans la noirceur et la violence, quitte à adopter une forme bien plus orchestrale ("Echo of my Scream", titre le plus osé de l’album... et le plus réussi !). Fear Factory n’en oublie pas pour autant de mettre en relief ses désirs de puissance, et Burton C. Bell fait se voisiner avec aisance voix abruptes ou plus claires, ces dernières finissant par dominer le souvenir qu’on garde de l’enregistrement au sortir de l’écoute. Clairement, Bell maîtrise son sujet mieux que jamais et parvient à créer de réelles vibrations ("Supernova" : bondissement poppy, pour efficacité totale), là où ses essais "en clair" confinaient jusqu’ici au bricolage, à l’approximation. Le chanteur en profite pour, en parallèle à son projet personnel et prometteur Ascension Of The Watchers, redonner un souffle épique à Fear Factory. Ses voix s’envolent sur une reprise acceptable de U2 ("I will follow"), retrouvent une brutale verve sur celle de Killing Joke ("Millenium"). Par l’exposé de son background musical, Fear Factory ouvre ainsi la porte au souvenir du post-punk et de la New Wave mais campe in fine sur ses positions. Onn’oublie pas qui on est, même si on sait d’où on vient : les batteries sèches de Raymond Herrera gardent un tranchant incisif, les basses de Byron Stroud (Strapping Young Lad) bondissent autant que celle de l’invité Billy Gould (Faith No More), et Fear factory dessine une musique gorgée d’un nouveau souffle : les extrêmes s’y acoquinent, dessinant un équilibre inédit qui laisse à penser que c’est dans la sortie partielle de ses propres carcans que Fear Factory trouvera l’équation idéale.


1. 540,000 F
2. Transgression
3. Spinal Compression
4. Contagion
5. Empty Vision
6. Echo Of My Scream
7. Supernova
8. New Promise
9. I Will Follow
10. Millenium
11. Moment Of Impact