Funeral For A Friend


Casually dressed & deep in conversation


Infectious Records / Warner


emo punk metal


2003




Premier album officiel de Funeral For A Friend, « Casually dressed & deep in conversation » suit trois E.P. (dont « Between order and model » et « Juneau ») d’un combo formé au Pays de Galles en… 2002 seulement, et déjà signé sur une major. Le disque est un concentré de mélodies pop réinjecté dans un bouillon emo-punk : métalliques dans l’approche, les guitares de FFAF ne sont jamais aussi émouvantes que lorsqu’elles planent ou se posent, ce qui reste relativement rare : à ce titre, « Bullet theory » concentre l’essentiel de ce qu’il faudrait retenir de la musique du quintet : alors, Post-Hardcore ? Hum… le référentiel « Hardcore » reste en veilleuse seulement, pour l’arrangement s’entend (les quelques voix étripées du batteur Ryan Richards restent derrière et ne rapprochent le son de FFAF que d’assez loin du Hardcore) ; et les rythmiques enlevées très typiques du Punk sauce 90’s amènent le groupe à délivrer un son très carré, visant parfois à l’émotion (« Red is the new black », teinté d’Emo en introduction) mais assez convenu : on retiendra moins les élans adolescents de « Rookie of the year » (si le magazine Kerrang s’y est retrouvé, nous un peu moins) que le spleen soutenant les guitares en apesanteur du très beau « Juneau ». Même topo, plus tard, sur « Moments forever faded ». Il est toujours quelques idées intéressantes traînant de ci de là sur cet album (« Your revolution is a joke », guitare claire et violoncelle, pause mélancolique) ; mais l’ensemble, bien réalisé malgré sa jeunesse, reste assez… lisse. L’ambition de cet album nous apparaît prioritairement comme celle de formuler un ensemble cohérent et efficace (c’est gagné, on l’admet très volontiers) : la voix de Matt Davies (chanteur principal et vivace, talent en devenir) se pose parfaitement sur des ossatures très carrées (les guitares de Kris Roberts et la basse de Gareth Davies sont plus qu’efficaces) et sur des variations rythmiques bien gérées : le speed de « Escape artists never die » hésite entre ruée dans les brancards et syncope, puis « Storytelling » trompe son monde en jouant d’une introduction acoustique pour introduire une complainte Punk enjouée. Rien de renversant toutefois, et c’est peut-être ce qui manque au disque : extrêmement mainstream dans son rendu et ses choix, « Casually dressed & deep in conversation » procure un plaisir immédiat qui, s’il est bon à prendre, ne devrait pas dépasser le cap d’une postérité fixée à 2004. FFAF est un collectif rigoureux, précis, mais peu aventureux. Là où la catharsis pourrait avoir lieu, on ne voit surtout ici que du fun. Question de priorités, sûrement. On n’en regrettera que plus le manque d’envergure artistique de l’album : mais pourquoi donc les célèbres Colin Richardson et Matt Hyde, présents à la console, n’ont-ils pas essayé de rendre ces gamins plus revêches ? Dommage … Car ces garçons, assurément, pourraient nous raconter des histoires moins faciles, des choses qui, plus tard, pourraient alimenter sans rougir le fond de catalogue. Ce sera peut-être pour la prochaine, qui sait ? En attendant, c’est tout de même assez plaisant, et si c’est tout ce que vous attendez, ce disque est pour vous.