Goatsnake


Trampled Under Hoof


Southern Lord / Southern


stoner doom des familles


2004




Retour de l’un des groupes phares de la nouvelle vague stoner-doom avec un E.P. édition limitée (1000 exemplaires, faudra être rapide !) de cinq titres dont deux reprises de très bon goût. Pour ceux qui ont loupé un épisode, le groupe s’est formé en 1996 sur les cendres de Obsessed. Le line-up actuel de Goatsnake réunit le guitariste Greg Anderson de Sunn O))), JR de Cave In à la batterie, Scott Reeder de Kyuss et Obsessed à la basse. La voix est celle de Pete Stahl de Earthlings. Une récente réédition a regroupé leurs travaux de 97 et 99 sur un seul CD.
Les reprises de St. Vitus et de Black Oak Arkansas sont à la limite de l’affaire de famille. On avait déjà annoncé la participation de Goatsnake à un tribute à St.Vitus, puis le split avec Burning Witch était sorti, la reprise ressort enfin, étouffante, lente à souhait, variation minimum. Quand se produit l’explosion finale de ce tremblement de terre au ralenti, on se dit qu’on vient d’assister à un moment historique, on navigue à la frontière des genres doom et stoner voire le bon vieux hard-rock des familles. Un petit discours explicatif de Pete Stahl introduit la reprise de « Hot Rod » et rappelle qu’il est délicat de fumer quand on cherche sa route. Black Oak Arkansas est l’un de ces dinosaures des seventies (le morceau date de 1973) à connaître absolument par les adeptes de cette scène. Tout aussi important que le Black Sabbath, et hors rotation MTV2 !
Les trois nouveaux titres démontrent le potentiel singulier de la voix de Pete Stahl, une éclaircie dans le ciel bien sombre de l’album… Un comble : le chant fait paraître les guitares moins lourdes, moins oppressantes. Sur « Portraits Of Pain », on aura même la surprise d’entendre des chœurs ; légers, certes, mais des chœurs ! « Black Cat Bone » puise son inspiration dans la veine Fugazi et blues à la fois pour un résultat roots, classique des précédents opus du groupe. Le son des origines se fait de nouveau déchirer avec « Juniors Sam » dont le rythme ouvertement rock’n’roll évoque les Jesus And Mary Chain. Attention, on n’est pas dans la pop (y compris noisy) pour autant, c’est simplement le même vieux cadavre qui est déterré, dépiauté par Goatsnake. Une réponse lourde à tous ces nouveaux groupes qui se demandent ce qui est arrivé à leur rock’n’roll…
La superbe pochette rappelle l’artwork du premier assaut discographique du groupe, un monstre et un pentagramme. Ici, le choix s’est porté sur la simple photo d’un bouc et le pentagramme n’a même pas besoin d’être dessiné.
On attendra cependant un véritable nouvel album pour confirmer le retour de ce groupe déjà culte (tournée avec Queens Of The Stone Age, Desert Sessions) mais au bagage discographique beaucoup moins fourni que celui de ses confrères.


1. Portraits Of Pain
2. Black Cat Bone
3. Juniors Sam
4. Burial At Sea (reprise de St. Vitus)
5. Hot Rod (reprise de Black Oak Arkansas)