Grand Alchemist


Intervening Coma - Celebration


Sound Riot Records / XIII Bis Records


black gothic


2003




Le nouvel album de Grand Alchemist nous a procuré la même sensation que, en son temps, le "Sombre romantic" de Virgin Black : celle de prendre un grand bol d'air frais, une cure de jouvence en forme de redécouverte d'un genre. Le Metal de Grand Alchemist joue en effet sur plusieurs aspects : les options orchestrales du groupe se fondent dans une écriture très sombre, à la croisée du Black Metal, du Heavy, et du Gothic ("Intervening coma - celebration"), à l'image de ce que put faire un temps Children Of Bodom... mais sans recouvrir (OUF) cet aspect kitsch et démonstratif assez pénible. Les formats restent ici assez courts (trois à quatre minutes), mais l'élaboration des structures dépasse le strict cadre rock adopté par nombre de groupes actuels. Grand Alchemist parvient vraiment à insuffler à sa musique une dimension presque... progressive, dès "A nailed visual effect" (appréciation également valable pour "Approach (open the shell)"), et se prête à l'aventure : ses arrangements baroques en appellent au souvenir, à la mascarade. Ainsi, sur "Down again", l'instrumental d'introduction singe les musiques de cirque chères à l'enfance, enchanteresses mais un brin inquiétantes. Tous les phrasés rythmiques sont typés et agencés parfaitement : la double grosse caisse s'exprime ("Incurable loging", "Psyche and a flower to the new lifetime") sans jamais devenir un réflexe, et les guitares appuient des rythmiques diverses, précises et puissantes, ce qui traduit parfaitement (entre autres faits) la volonté du groupe de construire une musique complexe et exigeante. Sans révolutionner vraiment les schémas que nombre de groupes développent dans le genre, le Black Gothique de Grand Alchemist fait bonne figure et prolonge l'histoire du style par une collection de compositions efficaces et parfaitement exécutées. Sans crier au génie, on peut raisonnablement espérer voir le combo évoluer vers un son toutefois plus personnel : en évitant au maximum le kitsch (OUUUUUF) sur ce disque, Grand Alchemist a déjà accompli une prouesse, et il n'y avait pas là mince affaire. A suivre de près.