Hel


Tristheim


Det Germanske Folket / Twilight


Acoustic Pagan Midgard Art


2007




Douceur. Mélancolie. Tristesse.
Ces trois mots résument à eux seuls les émotions qui se dégagent à l'écoute de ce troisième album de Hel, groupe allemand officiant dans le "Pagan midgard art". Après les métalliques et épiques "Orloeg" et "Falland Vorandi", Valdr (chant, guitare, textes) et Skaldir (chant, guitare, claviers) nous offrent un disque entièrement acoustique à l'atmosphère qui fleure bon les forêts germaniques au crépuscule et qui n'est pas sans rappeler celle du "Kveldsanger" d'Ulver, considéré parfois comme la référence en matière d'incartade acoustique pour un groupe de metal. Et l'exercice de l'opus folk est réussi pour Hel, qui laisse de côté un pagan metal teinté de black pour réaliser un virage à cent quatre-vingt degrés vers des sonorités plus douces, plus charmeuses, plus mélancoliques.

Composé de 15 morceaux pour une durée de 40 minutes, "Tristheim" n'est pas qu'un simple enchaînement de mélodies porteuses d'une puissante émotion, c'est aussi une histoire que s'invente l'auditeur, histoire sombre mais parsemée de quelques soubresauts plus lumineux. Ici, point de riffs saturés, de blast beat ou de vocaux écorchés : guitares sèches, violons, flûte, piano et même accordéon entremêlent leurs mélopées, tantôt plaintives, tantôt désespérées, par moment presque épiques, parfois chaleureuses et porteuses de lumière, toujours prenantes. Le chant (en allemand) est d'une douceur touchante mais sait rester porteur d'émotions sans devenir dégoulinant, le vocaliste parvenant sans peine à nous prendre aux tripes.

Les morceaux sont globalement courts et assez variés : "Tiefes Wasser" et "Schrei ins Nichts" font notamment la part belle à de simplissimes mais sublimes notes de pianos, "Welkes Blatt" voit arriver une flûte enchanteresse soutenue par un violon poignant, "Tief verborgen" se termine avec les lamentations de l'accordéon mentionné plus haut, les accords de "Zweilicht, Nebel, Dunkelheit" se font plus épiques, le vent souffle sur "2 31", une allumette craque dans le noir et repousse l'obscurité dans "Immer Eine Nacht"... Chaque piste dégage une atmosphère qui lui est propre, des émotions palpables, en clair vous l'aurez compris, ami lecteur : ce disque a un âme.

Chargé d'une magnifique tristesse sans en être déprimant, "Tristheim" est bouleversant, "Tristheim" est presque beau à en pleurer.
À écouter de préférence l'hiver, pendant une ballade en forêt, pour une immersion optimale.


1. Sturmrast
2. Nichtort
3. Tief Verborgen
4. Tiefes Wasser
5. Lenger Enn Erindring
6. Gedanken
7. Immer Eine Nacht
8. Welkes Blatt
9. Nordlicht
10. 2 31
11. Nebelung
12. Zwieilicht, Nebel, Dunkelheit
13. Kalter Rausch
14. Wundtau
15. Schrei Ins Nichts