Hypocrisy
The arrival
Nuclear Blast
atmospheric death metal
2003
Peter Tägtgren a de la suite dans les idées. Après le Death Metal très punchy de « Catch 22 », cet extraordinaire producteur de Metal livre aujourd’hui « The arrival » en guise de cadeau de nouvelle année. Adoptant un son plus spatial que sur le précédent album, presque Wave dans les textures synthétiques, Tägtgren concentre sur neuf morceaux un songwriting toujours axé sur les guitares et la batterie, mais ayant pour but de coupler accents Death (les rythmiques et voix ne trompent pas) à un trip futuriste : les claviers renforcent les ambiances, et l’enregistrement (un son monstrueux, comme à l’accoutumée) ne renie jamais les ambitions de puissance classiques et propres au genre « Death Metal ». Cela étant, « The arrival » contient en germe, comme sur l’album « Hypocrisy » (1999), une ambition réellement atmosphérique (« The abyss », assez parlant dans le genre Dark Metal : voix de baryton sur couplets semi-gothiques). Cette recherche de l’espace est variable : rythmiques et plages de claviers priment constamment sur l’expression des guitares lead, mais les rythmiques se concentrent pour amener l’auditeur à des moments plus cérébraux, emphatiques (« War within », héroïque, guerrier, mais anxieux sur les transitions). Les rythmiques jouent sur le tempo médium pour imposer une certaine tension (le très efficace « Eraser », pas si éloigné que ça de certains morceaux de Septic Flesh), mais le trio renoue aussi avec les attitudes assassines qui firent de « Into the abyss » un chef d’œuvre. « Stillborn » et les rythmiques de « New world » flirtent avec le Thrash. « Dead sky dawning » lorgne sur les rythmiques du Gothic Metal d’origine (pensez donc à Cemetary sur « Dead sky dawning », pour voir…), mais dans l’ensemble, Pete Tägtgren impose des types de vocaux plus typés Black qu’autre chose. Les voix claires, vous n’en trouverez aucune sur « The arrival ». C’est peut-être au niveau des parties de voix, d’ailleurs, que Tägtgren déclame le plus, lâche la bride. Rien à voir, on le comprend, avec son projet mélodique Pain : Hypocrisy, plus que jamais, semble former un exutoire pour Tägtgren, mais aujourd’hui, plus que jamais, il implique le cérébral. Comme si le leader ne se libérait jamais totalement de ses démons, comme si la sauvagerie potentielle de la musique d’Hypocrisy se retrouvait une fois de plus face à la donne du contrôle que Tägtgren veut garder sur ses pulsions. Un disque énigmatique, mélodique et inquiétant, un des meilleurs qu’ait jamais engendrés Hypocrisy, lequel s’affirme de plus en plus comme une des têtes pensantes les plus importantes du Death Metal. Si ce dernier qualificatif peut encore s’appliquer à son style d’écriture !
Release date : 16/02/2004