Ipsum


Mystic Evilution


Adipocere


death black


2003




Le métal est resté pendant de nombreuses années une affaire d’hommes, une musique qui devait sentir la couille et la testostérone, peu perméable à l’intrusion de la gente féminine en son sein (à quelque exception près). Aussi, et sans pour autant réduire Ipsum à ce simple fait, on ne peut que se réjouir de constater la présence de deux représentantes du sexe dit faible dans le line up du combo helvète . Bien sûr, ils ne sont pas les seuls dans ce cas mais restent encore minoritaires. Ceci étant dit, entrons sans plus attendre dans le vif du sujet. Nos amis suisses sévissent dans un dark / black mélodique de bonne facture, mais qui ne révolutionne rien dans un style saturé artistiquement par la véritable explosion démographique qu’il a connu ces dernières années. Cependant, le groupe évolue tout au long de l’album avec une relative aisance et démontre qu’il maîtrise bien son sujet, alternant avec bonheur passages haineux et atmosphériques. Les textes, soit en anglais, soit en français, sont soignés stylistiquement, traitant en vrac : du suicide, de l’éternelle lutte du bien et du mal, de la mort de dieu, …..le tout dénotant d’un certain paganisme dans l’ode rendu à la nature et les références à l’alchimie (des thèmes qui les rapprochent de groupes tels qu’Immortal ou encore Absu). La chanteuse Michelle montre des capacités vocales qui l’éloignent considérablement de Lara Fabian et autre Hélène Ségara, mais qui n’ont rien à envier à ses confrères masculins, surtout sur les titres en français où elle excelle tout particulièrement, utilisant les sonorités de la langue à bon escient (nombreux pourtant sont ceux qui s’y sont tentés, sombrant parfois dans le ridicule). Ipsum apparaît donc comme une valeur prometteuse qui manque encore d’un peu de personnalité mais qui gagne d’ores et déjà à être connue et reconnue.