Jane's Addiction


Strays


Capitol Records



2003




Farrell et ses compères sont de retour. Enième dinosaure à faire son retour (dans le Metal, les groupes dans le grnere sont légion, ces temps derniers), Jane's Addiction n'en est pas le moindre. Armés d'un nouveau et talentueux bassiste, le groupe de Funk-Metal-Punk-Indie-Goth (et encore, on en oublie pas mal, d'étiquettes) remet le couvert pour un disque somptueux, très au-dessus (pour ne pas dire plus) de ce qu'on peu attendre d'un "come back". The Cult avait conforté son assise avec le sérieux "Beyond good and evil", Metallica vient d'assommer les conformistes avec "St Anger", et voilà que Jane's Addiction pousse plus loin encore le bouchon des derniers essais en date. Il n'y a certes pas de révolution sur leur "Strays" : ce groove métallique typique et expressif sert tout un disque placé d'emblée sous le signe de la revanche : "True nature", morceau d'introduction, met tout le monde d'accord : là où on avait trouvé le "One hot minute" de Red Hot Chili Peppers gavant, Jane's Addiction et "son" Dave Navarro posent un rock équilibré et ouvert, finement produit, sachant appuyer sur le champignon ou poser les ambiances, pour repartir de plus belle ("Hypersonic"). Les guitares jouent en strates sur une rythmique sèche avant de se déchaîner sur les couplets du fantastique "The price I pay" et du calibré mais plus qu'efficace "The riches". Toujours aussi poppy, les mélodies de voix se fondent à merveille dans un ensemble énergique et inspiré, ouvert et aéré. Jane's Addiction est de retour, que cela soit clair : tous les ingrédients faisant la marque de fabrique sont présents sur "Strays", ça repart sur les chapeaux de roue. La première partie de l'album donne à apprécier le savoir faire, mais à partir de "Just because", les choses prennent toute leur mesure : Farrell ne chante plus, il vole. Les guitares ne sonnent plus, elles brillent. Ce morceau (déjà culte) en laissera pantois plus d'un, voire tous ceux qui, à l'heure de gloire, sentirent en le groove métallique de Jane's Addiction la source d'une foi nouvelle en l'énergie du rock. Le psychédélisme fait aussi son retour sur le sidérant morceau éponyme (cette basse, mon Dieu !), déraille sur le riff stoogien de "Match the sun". Il n'y a plus grand chose à rajouter : hormis le temps d'une acalmie sans grand intérêt ("Everybody's friend", ballade obligatoire ?), Jane's Addiction vient de commettre sa résurrection. Les disciples suivront, ou mourront. Pour nous, c'est joué : la caravane nous a pris sur sa route.