Mais le trio français, expérimenté, part des sources. De ce Post-Punk ténébreux qui vit jaillir, hier, le tribalisme rêche de Joy Division, aujourd'hui les mélodies plus chaloupées d'Interpol ("Falling Angel" ou "Hang Around", ronron des basses pour filets de guitares). Resucée pop évitée. Ouf. Ce six titres inaugural ramène ainsi sur le tapis, avec une fraîcheur certai'>
Joy Disaster
Joy Disaster E.P.
Joy Disaster
melancholic post-punk
2005
Joy Disaster part du constat que les années 80 ne sont pas mortes, qu'il reste de ces livres quelque chose à sustenter.
Mais le trio français, expérimenté, part des sources. De ce Post-Punk ténébreux qui vit jaillir, hier, le tribalisme rêche de Joy Division, aujourd'hui les mélodies plus chaloupées d'Interpol ("Falling Angel" ou "Hang Around", ronron des basses pour filets de guitares). Resucée pop évitée. Ouf. Ce six titres inaugural ramène ainsi sur le tapis, avec une fraîcheur certaine, les sources d'une inspiration décidément très en vogue ces trois dernières années, mais dont les fortunes se font diverses au gré des sorties de groupes plus jeunes que Gang Of Four, moins fous que Killing Joke.
Joy Disaster appartient, quelque part, à ce revival ; mais il contient contrairement à nombre d'autres formations du genre - quelque chose de précieux, comme une promesse. Alors, même si le combo n'a pas le tranchant de Joy Division ("Black old Thief", hypnotique tout de même) ou l'héroïsme des premiers Ikon, on n'est pas loin de penser que la cure de jouvence est peut-être pour bientôt. Qu'il y a là source à projections d'envergure, et que les quelques penchants bruitistes qui nourrissent ces litanies (l'introduction du terminal "Human Robots") pourraient bien signer le retour de quelques démons. Il y a bien là, c'est sûr, une petite flamme qui ne vacille pas, qui se niche au creux de ces guitares acides, de ces tournures dont la désespérance transpire sans tomber dans le jeu de la démesure. Pas de surenchère, jamais : belle émotion que celle d'un "Senseless Tales" (un des titres dont les motifs de guitares font le plus référence au gothique de première génération, sans rejoindre sa pose théâtrale) ; belle urgence aussi que celle des rythmiques d' "Artemis" et de ces notes de guitares qui insistent, appuient là où ça fait mal.
Alors, si le mix est encore un peu timide, si la production n'est pas tout à fait à la hauteur de ce que voudrait dire Joy Disaster, on peut néanmoins sentir cette petite flamme revancharde qui nous chatouille le ventre, nous pousserait à déchirer cette chemise, histoire de retomber en décadence. On n'en est pas loin.
Maintenant, les gars, il faut tenir. Ne pas lâcher cette rampe si rude, foncer, jusque dans le mur. L'accélération nous libère.
Allez.
Sauvez nous de tout ça.
Sortez de vous-mêmes. On vous suit.
1. Artemis
2. Falling Angel
3. Hang Around
4. Senseless Tales
5. Black old Thief
6. Human Robots