Ce qui surprend ici, c’est la non homogénéité du disque. On nous annonce un concept album sur la Révolu'>
Jucifer
L'Autrichienne
Relapse Records
rock étrange
2008
Je ne suis pas certain d’être à même de rendre compte de l’étrange album de Jucifer. Je laisse de côté le système de protection qu’a mis au point le label et qui consiste à segmenter le contenu du CD en 98 pistes qui affolent mon ordinateur et rendent impossible la lecture du disque autre part que sur la chaîne du bas. J'espère que seuls les disques promo ont ce système de verrouillage.
Ce qui surprend ici, c’est la non homogénéité du disque. On nous annonce un concept album sur la Révolution française et plusieurs titres se distinguent bien trop du reste (« Thermidor », « Fall Of The Bastille », fin de « The Assembly » et leur metal extrême, une sorte de grind des familles, mâtiné d'électronique). Pourquoi cette option ? La très jolie Amber Valentine voulait-elle prouver sa capacité à hurler comme un goret ? Il y avait d’autres façons… Pour prendre un exemple célèbre, les Beastie Boys réussissent cet exploit de mêler dans un même album des tonalités différentes car ils conservent un esprit qui unit le tout. Sur « L’Autrichienne », on sépare des éléments de la Révolution qui sont liés. Thermidor est inhérent au reste, pas un écart.
Ce serait dommage tout de même de rejeter pour cette raison le travail du duo. Celui-ci excelle dans les pop-songs tristes (« To Earth », « Champ De Mars », l'envoûtant « L'Autrichienne », proche du Radiohead de « Creep ») et manie globalement un rock qu'on étiquettera de grunge (« Traitors », « Window » ou « Armada », un titre qui semble échappé des sessions de « Pod » des Breeders) et de noise quand le son rappelle parfois avec plaisir nos Drive Blind nationaux.
La prise de son est proche des instruments, brute quand il le faut, à la façon des « 4 tracks demo » de P.J. Harvey (« Fleur De Lis », sur un timbre plus aiguë ravira les oreilles) et la voix prend une ampleur chaude qui se marie très bien à une guitare presque folk (« The Assembly » ou « To The End » chanté en français). Des cuivres viennent transfigurer des morceaux, basculant dans la typologie des hymnes (« Armada » encore). Les accélérations relancent le propos souvent avec justesse (mis à part ces titres décriés au deuxième paragraphe), comme sur « Birds Of A Feather ». Un peu d'instrumentaux échappés d'une jam session heavy-stoner (« The Law Of Suspects », « Coma ») ou un long final de batterie (« The Mountain ») et au final, on reste décontenancés : ceci est le cinquième album de Jucifer et, malgré un contenu dense et plutôt rentre-dedans, il a de quoi séduire les amateurs d'étrangeté.
1. Blackpowder
2. Thermidor
3. To Earth
4. Deficit
5. Champ De Mars
6. Fall Of The Bastille
7. To The End
8. Armada
9. L'Autrichienne
10. Behind Every Great Man
11. October
12. Birds Of A Feather
13. Traitors
14. The Law Of Suspects
15. Noyade
16. The Mountain
17. Window (Where The Sea Falls Forever)
18. Fleur De Lis
19. Procession A La Guillotine
20. Coma
21. The Assembly