Kadenzza
Into the Oriental Phantasma
Holy Records
black symphonique progressif
2003
«Into the Oriental Phantasma » est une épreuve, un album très dense, qui déroute plus qu’il ne séduit lors des premières écoutes, mais qui laisse au fond de l’esprit cette petite interrogation qui vous pousse à écouter encore et encore l’album, car l’inconscient nous rappelle à l’ordre, une perle se cache derrière la façade. Issu de l’esprit torturé de You Oshima, la vision décadente et très sombre décrite sur « Into… » nous rappelle que le black metal évolue et sait se marier et se combiner à d’innombrables influences, comme peu d’autres styles savent le faire. Car si l’agressivité fondatrice est présente, elle n’est que support et n’intervient qu’au strict nécessaire, sans surenchère, pour laisser grandir des atmosphères somptueuses (le break avant-gardiste d’« Endless Labyrinth » pour preuve) et des structures symphoniques omniprésentes, bousculées sans préavis par la puissance d’un Faith No More («Mononoke » très Caffeinien), des solos néo-classiques virtuoses ou des claviers digne de King Crimson. Monsieur Oshima ne se refuse rien et laisse parler une connaissance sans conteste approfondie du metal sous toutes ses formes, et de la musique en général. Ne misant pas du tout sur la fibre exotique, «Into… » sonne très européen dans l’esprit, de raffinés filigranes japonisant peaufinant les ambiances, sans prendre le dessus, la production excellente et puissante laissant sa place à chaque détail.
Difficile à appréhender, cet album de Kadenzza se révèle sur la longueur être une œuvre torturée et dérangeante mais avant tout aboutie et très prenante, un grand écart entre sonorités traditionnelles, métal extrême et futurisme, entre orient et occident. A découvrir !