Killswitch Engage
The end of heartache
Roadrunner Records / The All Blacks B.V.
melodic metal for youth
2004
Killswitch Engage n'est plus tout à fait le même groupe. Deux personnes sur cinq sont parties, laissant place désormais à l'impressionnant chanteur Howard Jones (échappé de Blood Has Been Shed) et au batteur Justin Foley. Et là, c'est l'attaque mainstream en règle. Auparavant, tout était "agression" chez Killswitch Engage. Là, le troisième album met de l'eau dans le vin. Désormais, tout est davantage... "planifié", même si l'ensemble reste excellemment fait (musicalité irréprochable, production moderne et énorme, très "dans l'époque"). Résulte de tout cela une prévisibilité qu'on aurait préféré voir rester à la porte. Killswitch Engage se révèle toujours agressif, mais lorgne davantage vers des refrains Pop. On veut séduire la jeunesse. L'incursion du groupe dans la B.O. de "Freddy Vs Jason" (avec l'efficace titre "When darkness falls") nous avait mis la puce à l'oreille, et voici les prévisions confirmées. Il y a deux ans, cette musique nous happait, aujourd'hui elle nous appelle. Le processus est quand même un peu moins naturel. Il y a là une belle collection de tubes, un corps bien fait, mais la petite flamme a disparu. On remarque Killswitch Engage parce que sa musique est plus "voyante", parce qu'elle cligne davantage de l'œil.
Rien de bien grave finalement, mais ça n'est plus vraiment de l'amour. Ca se "consommera" avec joie, voilà tout : l'écriture passe d'un stade assez "sérieux" à une envergure plus récréative. Tout cela est histoire de choix. D'ici, on aime moins mais certains y retrouveront leurs petits : ceux qui jugeaient Killswitch Engage trop dur, pas assez mélodique. Certes, les guitares chirurgicales d'Adam Dut et Joel Stroetzel sont toujours aussi pointues : toutes les rythmiques sont d'une grande efficacité et d'un lyrisme implacable. La nouvelle section rythmique est quant à elle impitoyable, mais l'ensemble sonne de manière assez schématique : agression en règle sur les couplets, pour refrains planants et tout en mélodies. Ca n'est plus du gimmick, c'est du systématisme rigide. Dommage car les mélodies, pour destinées à la distraction qu'elles soient, ne sont jamais désagréables (le titre homonyme est assez efficace), et le mixage du génie Andy Sneap est vraiment extraordinaire. Du coup, le titre de l'album s'impose : la musique est plus héroïque, comme plus enjouée. Elle fera se vriller les corps de plaisir simple, et surtout, fera moins saigner les coeurs.
Elle donnera aussi et certainement moins mal à la tête. Alors, c'est évident (un peu d'anti-jeunisme histoire de finir en beauté) : le public de Killswitch Engage va se concentrer sur la tranche d'âge "Kids".
Eh ben.
On va avoir l'air malin, dans la fosse.
1. A bid farewell
2. Take this oath
3. When darkness falls
4. Rose of Sharyn
5. Inhale
6. Breathe life
7. The end of heartache
8. Declaration
9. World ablaze
10. And embers rise
11. Wasted sacrifice
12. Hope is...