Knut
Terraformer
Hydrahead/Conspiracy Records
experimental chaoscore
2005
Et Aaron Turner fit péter le design. Et ce fut à la fois classe et bien dégueu. S’ils ont été pris en licence par Conspiracy Records pour l’Europe, c’est toujours sous l’aile protectrice du gourou d’Isis et de son label Hydrahead que les Suisses astiquent leurs couteaux.
Parlons clair : aucun autre groupe aujourd’hui en Europe ne joue un post-hardcore aussi hystérique dans ses arrangements et intense dans ses atmosphères. « Terraformer » est un véritable organisme vivant qu’il est nécessaire d’absorber dans sa masse pour en saisir l’envergure. Knut ont choisi le grand écart, enchaînant des passages survoltés et oedémisés dans la plus pure tradition math-core d’un « Challenger » avec des instrumentations metal beaucoup plus immédiates tirant presque sur une fusion ambient/drone de la tôle travaillée. Le contraste est colossal, mais parfait dans toutes ses lignes. Pas surprenant que la portion allouée aux vocaux soit encore plus ténue que par le passé, ce qui n’est en aucun cas une faiblesse : le chant n’intervient que lorsqu’il apporte un plus, sur le modèle de n’importe quel autre élément dans ce maelström sonore en mouvement morphique perpétuel d’un état vers l’autre.
« Terraformer » ne nécessite pas d’éloges interminables, c’est une expérience épidermique totale que chacun se doit de tenter, peu importe qu’elle se solde par l’assimilation jouissive ou le rejet perplexe. A noter qu’un recueil de remixes de l’album est en prévision avec une chouette brochette de stars aux manettes (entre autres Justin Broadrick, Dälek, et Mick Harris).
01. 7:08
02. Wyrywis
03. Kyoto
04. Torvalds
05. Seattle
06. Bollingen
07. Solar Flare
08. Fallujah
09. Genoa
10. Davos
11. Evian
12. Fibonacci Unfolds