Pour commencer par le commencement; disons que la musique de Kragens est avant tout originale... ce qui est plutôt rare de nos jours et du coup un premier bon point méritoire. Certes Kragens n'a rien inventé mais le groupe a su marier avec intelligence le power métal traditionnel au Thras'>
Kragens
Dying in a desert
Thundering records / Manitou Music
Power Metal mélodique trashisant
2004
Cette première galette d'une bande de frenchies est réellement une petite bombe. Comment ne pas tomber sous le charme de cette puissance et de cette technicité signe d'une belle maîtrise musicale ?
Pour commencer par le commencement; disons que la musique de Kragens est avant tout originale... ce qui est plutôt rare de nos jours et du coup un premier bon point méritoire. Certes Kragens n'a rien inventé mais le groupe a su marier avec intelligence le power métal traditionnel au Thrash mélodique pour un résultat admirable. A mi chemin entre Iced earth et les premiers Testament, "Dying in a desert" est en fait un album déconcertant. Les rythmiques sont plombées souvent mid tempo et digne des premières heures d'un grand Metallica. La voix tantôt Thrash, tantôt death s'aventure aussi pour le plus grand bonheur de l'auditeur dans des registres davantage mélodique: explorant ainsi avec la même aisance une palette aussi riche que surprenante. Les parties de guitares enfin sont des plus bluffantes: les solos défilent tous plus subtils et créatifs les uns que les autres et l'on se prend une petite claque à chacun d'eux. Il m'est d'ailleurs impossible d'éluder les prestations d' Alex Skolnick sur les premiers Testament en découvrant le richesse de Kragens. Tout comme l'on se prend facilement à penser aux maîtres du Metal néo-classique en se penchant sur la construction plus intime de ses moments de six cordes. C'est d'ailleurs de là que naît le paradoxe Kragens: une voix brutale dans un gant musical de velours qui remet en cause la notion même de style.
"Dying in the desert" le titre track nous met tout de suite dans l'ambiance. De nombreux changements rythmiques, une mélodie très à propos et d'efficaces parties de guitares le tout construit de façon complexe mais aussi incroyablement efficace. Puis suit "Carnivore ritual"et là plus aucun doute car tous les éléments pré-cités sont toujours présents, mais plus efficaces encore.
Le titre éponyme"Kragens" avance ensuite vers l'originalité avec des lignes vocales en Allemand, ce qui ne choque absolument pas. "Fear" un brin plus mélodique a un potentiel tubesque certain et quel solo, on se croirait presque en plein âge Malmsteen. Avec "Lords of chaos", Kragens nous dévoile encore une nouvelle facette, celle de la simplicité et là aussi comme pour les précédents l'alchimie prend merveilleusement bien. De nombreuses parties de claviers, présentes mais toujours très discrètes apportent une nouvelle fois un peu plus de personnalité au groupe.
Sur "Métal hunter", Renaud Espeche nous gratifie d'un refrain Halfordien du plus bel effet tandis que le lent et lourd "Satan the killer" nous prouve, s'il restait à le faire, que le groupe maîtrise à merveille les riffs et rythmiques qui tuent.
"Nightmare" voit lui l'intervention brutal death d'Alex (Agressor). Vous l'aurez compris, Chaque titre apporte sa nouveauté, sa touche d'originalité procédant à la dynamique d'un ensemble qui gagne en qualité. Du travail d'orfèvre.
"Road warrior" à lui un tempo plus enjoué... plus speed métal. Et Que dire de "World made of heroes" et ses influences néo classiques plus qu'évidentes à la sauce power thrash mélodique, ouille...une claque de plus. Kragens nous gratifie enfin de "Rise up your fist to fight" au riff toujours aussi efficace mais au refrain peut être un peu moins réussi.tout le monde peut avoir un moment de faiblesse. Et c'est "Destroyin the temple" qui clos finalement l'album de la façon dont il avait commencé.
Si l'on ajoute à ces compositions bétonnées, le mixage de Stéphane Buriez (Loudblast) et une pochette de JP fournier, vous aurez vite compris que ce groupe hexagonal a vraiment tous les atouts de son côté pour conquérir l'Europe. Pourtant, le plus difficile maintenant pour "Dying in a desert" va être de trouver son public car il est vrai qu'à faire le funambule entre plusieurs styles, on finit soit par paraître trop brutal soit trop mélodique pour des fans encore trop sectaires dans nos contrées.
Quoique finalement Kragens pourrait bien sonner l'armistice entre amateurs d'agressivité primitive et de technicité ...on peut toujours rêver et en tous cas c'est tout le mal que je leur souhaite !
1-Dying in a desert
2-carnivore ritual
3-Kragens
4-Fear
5-Lords of Chaos
6-Metal Hunter
7-Satan the killer
8-Nightmare
9-Road warrior
10-World made of heroes
11-rise up your fist to fight
12-Destroyin the temple